Le producteur d’énergies renouvelables Neoen et le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE ont conclu un contrat inédit afin d’expérimenter une nouvelle fonctionnalité de stabilisation du réseau électrique. Cette expérimentation portera sur la Breizh Big Battery, un projet de stockage actuellement en construction en Bretagne.
Selon le communiqué, la Breizh Big Battery disposera d’une capacité de « 92 MW / 183 MWh » et constituera « la première grande batterie de Neoen en France » ainsi que « la plus grande de Bretagne ». Implantée sur la commune de Pleyber-Christ, dans le Finistère, cette batterie lithium-ion doit entrer en service à l’été 2026, tandis que l’expérimentation débutera « au deuxième semestre 2026 ».
L’enjeu de ce partenariat réside dans l’activation d’une fonction dite de « grid forming ». Aujourd’hui, « les centrales de stockage par batterie actuelles fonctionnent en mode grid following », un mode dans lequel les onduleurs se synchronisent sur la fréquence du réseau existant. Cette approche, qualifiée de « suiveuse », limite la rapidité de réaction face aux variations de tension ou de fréquence.
À l’inverse, le grid forming permet aux batteries de « stabiliser la tension et la fréquence du réseau électrique de manière autonome », sans dépendre d’une référence externe. Selon le communiqué, ce changement de mode, obtenu par un rétrofit des onduleurs, autorise une réaction « instantanée aux perturbations du réseau électrique » et apporte « un effet de stabilisation plus rapide au système ».
RTE et Neoen se sont engagés « pour une année au moins » dans cette expérimentation, qui vise à mesurer les bénéfices concrets du grid forming pour le réseau français. Selon le communiqué, la Breizh Big Battery deviendra ainsi « la première batterie de stockage d’électricité en France offrant ces fonctionnalités renforcées ».
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de développement du stockage chez Neoen. Le groupe a constitué depuis 2017 « un portefeuille de batteries dont la capacité en opération ou en construction s’élève à 2,8 GW / 8,1 GWh », incluant certaines des plus grandes installations mondiales, notamment en Australie et en Europe du Nord.
Selon la déclaration de Guillaume Decaen, directeur général France de Neoen, « cette expérimentation unique en France » illustre le fait que « les actifs renouvelables peuvent contribuer au système électrique non seulement en produisant et en stockant l’électricité, mais aussi en fournissant les services essentiels au fonctionnement des réseaux électriques ». Une étape supplémentaire dans l’adaptation du système électrique à la montée en puissance des énergies renouvelables.
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