Commerces dégradés : le SDI soutient le principe du « casseur-payeur » et réclame une meilleure indemnisation des TPE

Le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) apporte son soutien au projet de loi annoncé par le Premier ministre visant à renforcer la responsabilité des auteurs de violences et de dégradations commises lors d’attroupements. L’organisation professionnelle estime toutefois que cette évolution doit s’accompagner de mesures garantissant une indemnisation plus rapide des commerçants et artisans victimes de ces actes.

Un soutien au principe de responsabilité financière des auteurs

Pour le SDI, le principe selon lequel les auteurs des dégradations doivent assumer financièrement les conséquences de leurs actes relève du « bon sens ». Le syndicat considère néanmoins que le débat ne doit pas se limiter aux sanctions à l’encontre des responsables des violences.

Il appelle à la mise en place d’un dispositif permettant de couvrir rapidement les préjudices subis par les petites entreprises, notamment les franchises d’assurance, les pertes d’exploitation et les périodes de fermeture imposées à la suite des dégradations.

« Depuis trop longtemps, les casseurs cassent et les commerçants paient. Chaque vitrine détruite, chaque magasin pillé ou chaque véhicule professionnel incendié représente une facture que les petites entreprises doivent assumer seules pendant des mois. L’insécurité n’est plus seulement une question d’ordre public. Elle est devenue un facteur de fragilisation économique des entreprises de proximité. Une nuit de violences peut effacer plusieurs semaines de chiffre d’affaires », déclare Marc Sanchez, secrétaire général du SDI.

Il ajoute : « Le principe du "casseur-payeur" va dans le bon sens, mais le débat ne doit pas seulement porter sur la sanction des auteurs. Il doit aussi porter sur l’indemnisation rapide des commerçants et artisans touchés. Aujourd’hui encore, lorsqu’un commerce est détruit, le chef d’entreprise reste souvent le premier à payer et le dernier à être indemnisé. La lutte contre les violences visant les commerces doit désormais être considérée comme une priorité économique au même titre que la lutte contre les retards de paiement ou la protection de la trésorerie des entreprises. »

L’insécurité, un enjeu économique pour les petites entreprises

Le SDI rappelle que son baromètre national du premier trimestre 2026 met en évidence une dégradation du climat sécuritaire pour les très petites entreprises. Selon cette enquête, 69 % des dirigeants de TPE déclarent constater une hausse des incivilités et des actes de malveillance affectant leur activité.

Le syndicat souligne également que les violences urbaines liées à certains rassemblements, manifestations ou célébrations sportives exposent particulièrement les commerces de proximité. Contrairement aux grandes enseignes, les très petites entreprises disposent rarement des ressources financières nécessaires pour absorber une fermeture temporaire, financer des réparations importantes ou faire face à une chute brutale de leur chiffre d’affaires.

La question de l’indemnisation au cœur des attentes

Au-delà du futur dispositif législatif, le SDI estime que les mécanismes d’indemnisation des commerçants et artisans touchés par les violences collectives doivent être renforcés. L’organisation demande que les dispositifs existants permettent une prise en charge plus rapide des conséquences économiques des dégradations afin de limiter les difficultés de trésorerie auxquelles sont confrontées les petites entreprises après un sinistre.


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