Parce que l’accès à une alimentation équilibrée ne devrait pas dépendre du niveau de revenu, 32 associations appellent à rendre obligatoire la vente de 100 produits alimentaires bons pour la santé à prix coûtant dans l’ensemble des super et hypermarchés. Emmenée par foodwatch, Familles Rurales et le Secours catholique, cette mobilisation inédite rassemble des organisations de consommateurs, de lutte contre la précarité, de patients, de professionnels de santé et de défense de la santé environnementale.
Les signataires estiment que l’accès à une alimentation saine et durable, accessible à toutes et tous et garantissant une rémunération juste aux agriculteurs, constitue un droit fondamental. Ils pressent le ministre de l’Économie, Roland Lescure, et le ministre chargé des PME et du pouvoir d’achat, Serge Papin, d’inscrire rapidement cette mesure à l’agenda gouvernemental.
Selon les associations, aucune disposition concrète visant à améliorer l’accès aux aliments recommandés par le Programme National Nutrition Santé (PNNS) n’a été intégrée dans la récente Stratégie Nationale Alimentation Nutrition Climat (SNANC). Elles dénoncent une situation préoccupante : près de 29 % des personnes en France déclarent devoir sauter un repas, tandis que les produits recommandés pour la santé, notamment fruits, légumes ou produits issus de l’agriculture biologique, restent souvent inaccessibles financièrement.
Les organisations pointent également le rôle central de la grande distribution dans la formation des prix. Elles estiment que certaines marges pénalisent les produits les plus favorables à la santé, dans un contexte où les maladies liées à l’alimentation – diabète, pathologies cardiovasculaires ou certains cancers – pèsent lourdement sur le système de santé.
La proposition portée par les 32 associations vise à imposer la vente à prix coûtant de 100 produits alimentaires prioritaires définis selon les recommandations du PNNS. La mesure devrait s’appliquer sur l’ensemble du territoire, y compris en Outre-mer, et garantir une rémunération équitable des producteurs.
Dans un communiqué commun, les organisations soulignent qu’« il appartient à l’État de rendre effectif le droit à une alimentation saine, durable et choisie » et jugent la mesure « à la fois possible et urgente ». Elles insistent sur la nécessité de concilier revenu agricole, accessibilité financière et santé publique, sans faire porter le poids du système sur les consommateurs.
Parallèlement, Familles Rurales, UFC-Que Choisir et foodwatch ont saisi l’Autorité de la concurrence afin de demander l’ouverture d’une enquête sectorielle sur la formation des prix et la péréquation des marges dans la grande distribution.
Au-delà de la revendication ponctuelle, cette mobilisation relance le débat sur l’équilibre entre santé publique, pouvoir d’achat et modèle économique du secteur alimentaire.
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