Le Parlement français a définitivement adopté, le 5 février 2026, une loi consacrée à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030, qui se tiendront dans plusieurs départements des Alpes françaises (Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur). Le texte, fruit d’un accord entre l’Assemblée nationale et le Sénat, a été adopté après un long parcours parlementaire et dans le cadre d’une procédure accélérée engagée par le Gouvernement.
Cette loi, issue du projet de loi n° 630 puis n° 278, établit un cadre juridique spécifique et temporaire pour préparer, planifier et organiser les Jeux, avec des adaptations au droit commun dans plusieurs domaines essentiels. Elle réaffirme également les engagements pris dans le contrat hôte entre l’État, les régions organisatrices, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et le Comité international olympique (CIO).
Le texte prévoit notamment des dérogations temporaires pour faciliter la réalisation des opérations liées aux Jeux dans des domaines tels que l’urbanisme, le logement, l’environnement, la santé, l’organisation du travail et la sécurité. Ces mesures visent à permettre des ajustements rapides des règles d’urbanisme et d’aménagement, à adapter les procédures de construction et de rénovation des infrastructures nécessaires, et à encadrer des dispositifs spécifiques de sécurité pour l’événement.
Parmi les dispositions adoptées, la loi reconnaît de plein droit le comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 comme organisateur de la manifestation, avec des exceptions au code du sport pour certaines responsabilités et actions propres à l’organisation des compétitions. Elle autorise aussi des dérogations temporaires aux règles relatives à l’occupation du domaine public, aux marchés publics et à l’affichage, ainsi que des possibilités dérogatoires en matière environnementale et de protection du patrimoine.
Le texte inclut par ailleurs un volet consacré à l’éthique et à l’intégrité des Jeux, en étendant, par exemple, certains contrôles de la Cour des comptes et en prévoyant des dispositions liées à la prévention du dopage. Il comporte aussi des dispositions visant à valoriser l’engagement des volontaires, à renforcer la lutte contre le dopage, à accélérer la rénovation énergétique des logements utilisés pour l’accueil, et à améliorer les transports et l’accessibilité des sites.
Cette loi s’inspire des dispositifs mis en œuvre pour les Jeux olympiques de Paris 2024, tout en les adaptant aux spécificités géographiques et organisationnelles des Jeux d’hiver dans des territoires de montagne. Elle inclut, comme dans les lois précédentes, des dérogations temporaires au droit commun pour permettre le respect des échéances techniques, juridiques et administratives qui ne pourraient être assurées dans les délais avec le cadre légal ordinaire.
La promulgation de cette loi est désormais attendue, tandis que plusieurs groupes parlementaires ont saisi le Conseil constitutionnel pour contester certaines de ses dispositions, notamment en matière de dérogations au droit commun et de sécurité, ce qui pourrait conduire à une analyse juridique complémentaire avant son entrée en vigueur effective.
Cette adoption marque une étape décisive dans les préparatifs des Jeux de 2030, offrant un cadre légal adapté aux contraintes d’un événement d’ampleur internationale dans des territoires alpins, tout en soulignant la volonté de l’État de sécuriser leur organisation et de rationaliser les procédures nécessaires à leur succès.
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