AGRIFRANCE, le département spécialisé de BNP Paribas Banque Privée dédié au foncier rural, publie son état des lieux annuel du marché rural français. L’année 2025 a été marquée par un ralentissement de plusieurs segments du marché agricole et viticole, tandis que le marché forestier a poursuivi sa croissance. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les évolutions économiques et les enjeux environnementaux, AGRIFRANCE estime que cette phase de décélération pourrait ouvrir de nouvelles perspectives aux investisseurs.
« Le foncier rural traverse une mutation profonde, sous l’effet conjugué de facteurs géopolitiques, économiques et environnementaux d’une intensité rarement observée. Pourtant, la France et l’Europe disposent d’atouts majeurs : diversité des terroirs, qualité des sols ou encore l’importance des marchés de consommation. Après plusieurs décennies de hausse soutenue, cette décélération constitue une opportunité pour les investisseurs », indique Benoît Léchenault, directeur d’AGRIFRANCE.
L’année 2025 a été marquée par un net rebond de la production céréalière française. Celle-ci a atteint 63,3 millions de tonnes, soit une progression de 16,9 % par rapport à 2024.
Cette amélioration des récoltes intervient toutefois dans un contexte mondial d’abondance de l’offre, qui a pesé sur les prix. Sur un an, le blé a reculé de 19 % et le maïs de 8,6 %.
Le marché foncier agricole poursuit parallèlement son ralentissement. Le nombre de transactions a diminué de 6 % en 2025 et les prix des terres agricoles ont enregistré une baisse proche de 12 %, marquant une troisième année consécutive de repli.
Dans ce contexte, les rendements locatifs bruts se situent entre 3,6 % et 4,7 % selon les types de foncier et de production. AGRIFRANCE estime que la baisse des prix pourrait contribuer à améliorer les niveaux de rendement pour les investisseurs.
Avec une production estimée à 36,2 millions d’hectolitres en 2025, la France conserve sa place de deuxième producteur mondial de vin, derrière l’Italie et devant l’Espagne.
Le secteur continue néanmoins de faire face à une baisse structurelle de la consommation. Depuis le début des années 2000, près de 74 000 hectares de vignes ont été arrachés en France, soit environ 9 % de la superficie du vignoble national.
Le vin demeure la boisson alcoolisée préférée des Français devant la bière, mais sa consommation recule, notamment chez les jeunes générations. Dans le même temps, le marché du vin sans alcool poursuit sa progression avec une hausse de 20 % de sa valeur estimée sur un an.
Malgré un recul de 7,9 % des exportations de vins et spiritueux, qui atteignent 14,3 milliards d’euros en 2025 dans un contexte de tensions internationales, l’œnotourisme continue de se développer. Il a attiré 12 millions de visiteurs et généré 7 milliards d’euros de retombées économiques.
Sur le plan foncier, le marché viticole présente une situation contrastée. La valeur globale des transactions a bondi de 48,3 % en 2025, alors même que le prix moyen du foncier viticole a reculé de près de 3 %, pour s’établir à 171 400 euros par hectare.
Le marché forestier a connu une année particulièrement dynamique. En 2025, 176 300 hectares ont changé de propriétaire, contre 148 700 hectares en 2024, soit une progression proche de 20 %.
En valeur, les transactions ont atteint 2,171 milliards d’euros, en hausse de 7,7 % sur un an.
Cette dynamique est principalement portée par les forêts de plus de 100 hectares, dont les surfaces échangées ont progressé de 64,5 %. Le prix moyen d’une forêt s’est établi à 4 950 euros par hectare, en hausse de 2,5 %.
À l’inverse, le prix des grandes propriétés forestières de plus de 100 hectares a reculé de près de 19 %, pour atteindre 11 705 euros par hectare.
AGRIFRANCE souligne que près de la moitié des surfaces échangées sur ce segment sont acquises par des personnes morales et des investisseurs institutionnels. Ces acteurs considèrent la forêt comme un actif tangible offrant des perspectives de valorisation à long terme dans un contexte de hausse des prix du bois et de recherche de placements adossés à des actifs réels.
Selon AGRIFRANCE, le ralentissement observé sur une partie du marché rural ne remet pas en cause les fondamentaux du secteur. Le rééquilibrage des prix pourrait au contraire offrir davantage de visibilité aux investisseurs et favoriser des rendements plus prévisibles.
Pour Benoît Léchenault, « malgré les incertitudes, le foncier rural français constitue toujours une valeur tangible, résiliente, avec une empreinte locale et un attrait patrimonial fort, susceptible d’attirer des investisseurs engagés ».
à partir de 3,00 € par mois
pour un accès intégral au site et à nos services
0 COMMENTAIRE(S)