Les exigences réglementaires des grands groupes se répercutent sur leurs partenaires, contraints de transformer leurs politiques environnementales et sociales en données vérifiables.
Bien agir ne suffit plus. Pour conserver leurs clients, répondre à un appel d’offres ou rassurer une banque, les fournisseurs doivent désormais démontrer la réalité de leurs engagements environnementaux, sociaux et de gouvernance. Rapports extra-financiers, questionnaires clients, évaluations EcoVadis, déclarations CDP, certifications ISO et audits alimentent une demande croissante de justificatifs.
Cette évolution ne remet pas en cause la priorité accordée à la réduction des impacts environnementaux et sociétaux. Elle ajoute toutefois une nouvelle exigence : chaque politique, chaque indicateur et chaque action doivent pouvoir être documentés, suivis et présentés dans le format attendu par les donneurs d’ordre ou les organismes d’évaluation.
Une politique climatique, un plan de vigilance ou une charte d’achats responsables ne sont ainsi pleinement valorisables que si l’entreprise peut en mesurer les résultats et fournir les preuves correspondantes.
Les grands groupes sont soumis à des obligations réglementaires croissantes, au devoir de vigilance et à des objectifs de décarbonation qui dépassent désormais le périmètre de leurs propres activités. Une partie importante de leurs impacts dépend de leurs fournisseurs et, plus largement, de l’ensemble de leur chaîne de valeur.
Pour atteindre leurs objectifs, répondre aux attentes de leurs parties prenantes et réduire leurs risques, ils cherchent donc à mieux évaluer leurs partenaires. Des référentiels tels qu’EcoVadis, le CDP, les normes ISO et différentes évaluations ESG leur fournissent des critères communs pour comparer les démarches et piloter leurs achats.
La pression exercée sur les donneurs d’ordre se diffuse ainsi progressivement à leurs fournisseurs. La performance environnementale ou sociale devient non seulement un engagement interne, mais aussi un élément susceptible de peser dans une relation commerciale.
Cette nouvelle logique transforme également le métier des responsables RSE et QHSE. Longtemps centrées sur la sensibilisation des équipes, le pilotage des démarches et l’accompagnement du changement, leurs missions comportent désormais une dimension documentaire, réglementaire et technique plus importante.
Les professionnels doivent maîtriser plusieurs référentiels, comprendre leurs spécificités, collecter des indicateurs précis, organiser les éléments de preuve et préparer des évaluations ou des certifications de plus en plus exigeantes.
À cette montée en technicité s’ajoute une augmentation de la charge administrative. Une même donnée peut être réclamée par plusieurs clients, organismes, banques ou investisseurs, mais sous des formats différents. Les équipes doivent alors rechercher, adapter et transmettre à plusieurs reprises des informations déjà disponibles.
Ce travail mobilise du temps qui ne peut plus être consacré à la mise en œuvre des actions elles-mêmes.
« Les entreprises ne cherchent pas à produire des preuves pour produire des preuves. Leur priorité reste d’améliorer concrètement leurs pratiques environnementales, sociales et de gouvernance. En revanche, leurs clients, leurs investisseurs et leurs partenaires attendent désormais des démonstrations objectives de ces engagements. Notre rôle est de leur permettre de répondre à cette exigence de manière simple et structurée, afin qu’elles consacrent davantage de temps à agir qu’à refaire sans cesse le même travail documentaire », explique Pierre Poirmeur, fondateur de Ditto.
Spécialisée dans la structuration des démarches de durabilité, Ditto indique avoir accompagné plus de 500 entreprises dans la gestion de leurs évaluations RSE, certifications et reportings ESG.
La société propose de ne plus traiter chaque questionnaire ou certification comme un projet isolé. Elle aide ses clients à constituer un socle documentaire commun dans lequel les politiques, indicateurs et justificatifs sont organisés une seule fois, puis réutilisés pour répondre aux exigences d’EcoVadis, du CDP ou des normes ISO.
Pour y parvenir, Ditto associe une plateforme propriétaire intégrant l’intelligence artificielle à l’accompagnement de coachs spécialisés. Selon l’entreprise, la technologie permet d’automatiser certaines tâches répétitives et de faciliter la collecte ainsi que l’organisation des preuves. Les experts interviennent pour contrôler la qualité des livrables et accompagner les décisions stratégiques.
L’objectif affiché n’est pas de multiplier les documents, mais de transformer un travail dispersé et chronophage en un processus structuré, pérenne et réutilisable. À mesure que les exigences des donneurs d’ordre progressent, la gestion de la preuve devient ainsi une composante à part entière des stratégies RSE.
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