Déverrouiller un smartphone, ouvrir un compte bancaire ou franchir un portique d’aéroport grâce à son visage est devenu un geste courant. Pourtant, plusieurs expériences menées par Jake Moore, expert en cybersécurité chez ESET, montrent que ces systèmes biométriques peuvent être contournés à l’aide d’outils accessibles au grand public, soulevant des interrogations sur leur niveau réel de sécurité.
Première démonstration, l’expert a utilisé une paire de lunettes connectées modifiées afin d’identifier des inconnus dans un lieu public. Les visages capturés étaient comparés à des informations disponibles librement sur Internet. En quelques secondes, le dispositif était capable d’afficher l’identité des personnes observées ainsi que leurs profils sur les réseaux sociaux. Une technologie qui pourrait faciliter certaines interactions, mais qui ouvre également la porte à des usages malveillants en matière de collecte de données personnelles.
Jake Moore s’est ensuite intéressé aux procédures d’ouverture de comptes bancaires en ligne. En s’appuyant sur des images générées par intelligence artificielle et sur des logiciels librement disponibles, il est parvenu à créer une identité fictive reconnue comme authentique par un système de vérification d’identité numérique. Cette expérience lui a permis d’ouvrir un véritable compte bancaire avant de signaler la faille à l’établissement concerné, qui l’a ensuite corrigée.
Le troisième test concernait un système de vidéosurveillance utilisant la reconnaissance faciale dans une gare londonienne. Inscrit volontairement sur une liste de surveillance, l’expert a traversé la zone sous les caméras en utilisant un logiciel de remplacement de visage en temps réel. Le système a identifié un autre visage à sa place et ne l’a jamais détecté, démontrant qu’un simple échange de visage numérique pouvait suffire à tromper certains dispositifs.
Ces essais rappellent que la biométrie faciale ne constitue pas une garantie absolue d’identification. Lorsqu’ils reposent uniquement sur la comparaison d’un visage, ces systèmes peuvent présenter des faiblesses exploitables avec des outils désormais largement accessibles.
Pour ESET, ces démonstrations doivent inciter les éditeurs de solutions biométriques et les organisations qui les utilisent à renforcer leurs tests de sécurité en reproduisant des scénarios d’attaque réalistes. À mesure que les technologies d’intelligence artificielle progressent, la fiabilité des systèmes de reconnaissance faciale devra continuer à évoluer pour conserver la confiance des utilisateurs.
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