L’université de Caen Normandie et l’entreprise Codex International engagent un projet visant à industrialiser un nouveau matériau susceptible de remplacer l’indium, utilisé notamment dans les écrans et les panneaux solaires. Ce partenariat s’appuie sur plusieurs années de recherche autour du vanadate de strontium (SrVO3), avec des premières phases de tests en conditions réelles prévues dans les prochains mois.
L’indium est aujourd’hui un composant essentiel de nombreux équipements électroniques, notamment les écrans tactiles, les smartphones et les panneaux photovoltaïques. Sa rareté, son coût et sa concentration géographique en font un matériau stratégique soumis à des tensions d’approvisionnement.
Les chercheurs des laboratoires CRISMAT et CIMAP de l’université de Caen Normandie ont travaillé sur le vanadate de strontium (SrVO?), dont les propriétés combinent transparence et conductivité. Cette combinaison est jusqu’à présent difficile à obtenir en dehors des matériaux à base d’indium. Le SrVO3 présente également une conduction métallique tout en restant transparent, ouvrant la voie à de nouveaux usages.
« Nous passons aujourd’hui d’une recherche scientifique à des applications concrètes, avec des prototypes testés en conditions réelles dans les prochains mois. La collaboration avec Codex International est déterminante pour accélérer ce passage vers l’industrie. Elle permet d’aligner la recherche avec les besoins du marché. C’est ainsi que la recherche publique peut répondre à des enjeux majeurs comme la transition énergétique et l’indépendance industrielle », explique Wilfrid Prellier, directeur du laboratoire CRISMAT.
Le projet vise des applications dans différents domaines. Dans les écrans et le photovoltaïque, il s’agit de sécuriser les approvisionnements et d’améliorer les performances. Dans les secteurs de l’aéronautique et de la défense, le matériau pourrait être utilisé pour des systèmes de blindage électromagnétique. Il pourrait également trouver des débouchés dans le bâtiment, notamment pour le développement de fenêtres capables de moduler la lumière ou de produire de la chaleur.
Le SrVO? repose sur des éléments plus abondants, tels que le strontium, le calcium et le vanadium, ce qui constitue un avantage en matière de disponibilité et de durabilité.
Le projet SVO2Mat marque une étape dans le transfert de la recherche vers des applications industrielles. Il s’inscrit dans une démarche associant production scientifique, dépôt de brevets – dont le brevet international WO/2022/023651 – et collaboration avec des acteurs économiques.
Au cours des 24 prochains mois, les équipes prévoient de développer des prototypes afin d’évaluer le comportement du matériau dans des conditions réelles et de préparer son intégration dans des procédés industriels.
Porté par un consortium exclusivement normand, le projet contribue au développement des filières industrielles régionales et à l’attractivité scientifique du territoire. Il s’inscrit également dans des enjeux plus larges liés à la souveraineté technologique européenne et à la transition énergétique.
À travers cette initiative, l’université de Caen Normandie poursuit ses travaux visant à transformer des résultats de recherche en applications concrètes, en lien avec les besoins industriels et les évolutions technologiques.
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