Un pas inédit vient d’être franchi dans la coopération maritime entre la France et la Chine. HAROPA PORT, Zhejiang Provincial Seaport Group, Bureau Veritas, le China Waterborne Transport Research Institute, MSC et Terminal Investment Limited ont signé à Shanghai un accord stratégique visant à créer « le premier corridor maritime vert entre la France et la Chine ».
Cette initiative s’inscrit dans les objectifs internationaux de réduction des émissions du transport maritime. Le projet s’aligne sur « la stratégie 2023 de l’Organisation maritime internationale visant la neutralité carbone à l’horizon 2050 », sur l’Accord de Paris, le programme de développement durable des Nations unies à l’horizon 2030 ainsi que sur « l’initiative franco-chinoise pour une industrie maritime verte » et la Déclaration de Clydebank.
Le corridor s’appuie sur une réalité économique déjà structurante. « La Chine est le premier partenaire commercial de HAROPA PORT et représente 30 % de son trafic conteneurisé ». Le port de Ningbo Zhoushan, premier port mondial en tonnage de marchandises, concentrerait à lui seul « 22 % de ce volume ». Dans ce contexte, la mise en place d’un corridor vert est présentée comme un levier majeur de décarbonation des échanges maritimes entre les deux pays.
L’accord prévoit une série d’actions opérationnelles destinées à réduire l’empreinte carbone du transport maritime. Il ouvre notamment la voie « au déploiement de connexions électriques à quai pour les navires », à « l’électrification progressive des terminaux et des équipements portuaires à partir d’énergies renouvelables ou bas carbone », ainsi qu’à « la mise en place de chaînes d’approvisionnement pour des carburants alternatifs comme le GNL, le bio-GNL, l’ammoniac vert ou l’hydrogène vert ». Le texte évoque également « le développement de liaisons hinterland à faible intensité carbone, via le fluvial et le ferroviaire », ainsi que « l’étude de projets pilotes de captage, utilisation et stockage du carbone à bord des navires ».
Pour les acteurs impliqués, ce corridor a vocation à devenir un cadre opérationnel mobilisant l’ensemble de la chaîne de valeur. Selon la déclaration de Benoît Rochet, directeur général de HAROPA PORT, « en tant que premier port français pour le commerce international et porte d’entrée stratégique des flux Asie-Europe, HAROPA PORT a une responsabilité clé dans la transition énergétique maritime ». Il ajoute que ce projet vise à « poser les bases d’une route maritime décarbonée entre la Chine et la France » et à faire de l’axe Seine « un hub de référence pour l’avitaillement et l’exploitation de navires zéro émission ».
Du côté chinois, la démarche est également présentée comme un engagement structurant. Selon la déclaration de Tao Chengbo, président de Zhejiang Provincial Seaport Group, le port de Ningbo-Zhoushan « participera activement aux démarches coopératives en faveur des corridors de transport maritime vert », avec l’objectif « d’améliorer continuellement la transformation verte et les normes de service en travaillant avec l’ensemble des partenaires de la chaîne de valeur ».
Bureau Veritas jouera un rôle clé dans la mise en œuvre technique du projet. Selon la déclaration de Matthieu de Tugny, vice-président exécutif chez Bureau Veritas, l’entreprise « fournira un soutien technique pour le développement du corridor et la réduction des émissions », en s’appuyant sur « la certification et le déploiement de solutions innovantes ». Il souligne que « ce corridor servira de modèle pour la coopération internationale en matière de transport maritime écologique », renforçant les liens maritimes entre la Chine et l’Europe.
Avec ce corridor maritime vert, les signataires affichent l’ambition de transformer un axe commercial majeur en laboratoire grandeur nature de la transition énergétique du transport maritime.
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