Alors que les jeunes diplômés arrivent sur le marché du travail dans un contexte marqué par une hausse du chômage des moins de 25 ans, Michael Page estime que les méthodes de recrutement traditionnelles montrent leurs limites. Le cabinet de recrutement appelle les entreprises à privilégier les compétences et le potentiel des candidats plutôt que les seuls diplômes et parcours académiques.
L'entrée dans la vie active se complique pour les jeunes diplômés. La France est le pays de l'Union européenne où la progression de la part des 15-24 ans en recherche d'emploi a été la plus forte au cours de l'année écoulée. Au premier trimestre 2026, le taux de chômage des jeunes atteignait 21,1 %, selon les données de l'Insee. Dans le même temps, les entreprises continuent de faire face à une pénurie structurelle de candidats et à un décalage entre les compétences recherchées et celles disponibles sur le marché.
Dans ce contexte, l'étude « Talent Trends 2026 » de Michael Page montre que 44 % des entreprises ont déjà adopté une démarche de recrutement fondée sur les compétences, tandis que 7 % prévoient de la mettre en place dans l'année à venir. Malgré cette évolution, plus de six entreprises sur dix déclarent avoir rencontré des difficultés de recrutement au cours des douze derniers mois, principalement en raison des difficultés à trouver les compétences recherchées. Parmi les entreprises ayant adopté cette approche, 98 % se déclarent satisfaites.
Pour Michael Page, les diplômes ne peuvent plus constituer le principal critère de sélection des candidats. Le cabinet estime que les entreprises doivent désormais prendre davantage en compte le potentiel, les compétences acquises et les aptitudes des profils.
« J’ai l’habitude de dire à mes clients que 100 % des entreprises recherchent en général 15 % des candidats disponibles sur le marché car toutes veulent le profil rassurant, celui qui aura fait la bonne école, qui aura déjà eu une expérience similaire dans une entreprise du même secteur et de la même taille. Ce n’est pourtant ni synonyme de succès ni de performance car l’émulation, l’innovation et la créativité naissent de la diversité et non d’un copier/coller. Il faut sortir des sentiers battus et faire confiance à la diversité des parcours et aux potentiels évolutifs des candidats », indique Caroline Bernadat, Directrice Senior de Michael Page.
Selon Michael Page, les tensions persistantes dans plusieurs secteurs, notamment l'industrie, le numérique et la santé, rendent nécessaire une évolution plus rapide des pratiques de recrutement. Continuer à cibler exclusivement des profils répondant à des critères stricts de diplôme ou d'expérience revient, selon le cabinet, à se priver d'une partie des candidats disponibles.
« Il faut arrêter de se focaliser sur le "parcours idéal" mais se recentrer sur les compétences techniques et comportementales réellement nécessaires à la réussite dans le poste. Recruter des potentiels évolutifs, des personnalités plutôt que des profils, devient un vrai levier de performance sur le marché du travail actuel », conclut Frédéric Benay, Directeur général de Michael Page France.
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