Le débat sur l’efficacité des Zones à faibles émissions se poursuit. Dans un communiqué publié le 28 août, l’association « 40 millions d’automobilistes » conteste la manière dont certains résultats d’une étude de l’Insee ont été présentés et estime que « la majorité du recul observé provient du renouvellement tendanciel du parc automobile ».
L’association ne nie pas que les ZFE puissent accélérer le renouvellement des véhicules. Elle considère toutefois qu’une partie importante de la baisse des émissions observée depuis dix ans résulte des nouvelles normes européennes, des progrès technologiques et du remplacement progressif des automobiles les plus anciennes.
Selon les données reprises dans le communiqué, les émissions d’oxyde d’azote des voitures auraient diminué de « 48,3 % » entre 2014 et 2024 dans les ZFE régionales, contre « 39,5 % » dans les territoires qui n’en disposent pas. Pour l’association, cet écart ne doit pas conduire à attribuer l’intégralité de la baisse aux restrictions de circulation.
« Une voiture de 2024 n’est évidemment pas une voiture de 2014 », souligne Philippe Nozière, président de « 40 millions d’automobilistes », qui demande de déterminer précisément « quelle part de baisse est réellement imputable aux ZFE ».
Le sujet concerne directement Paris et l’Île-de-France. Selon les chiffres cités dans le document, dans la Métropole du Grand Paris, les émissions de NOx liées au trafic routier auraient diminué de « 42 % » entre 2017 et 2023. Sans ZFE, cette baisse aurait néanmoins atteint « 36 % ». L’association en déduit un « effet propre » de la ZFE évalué à six points.
Le renouvellement du parc apparaît également légèrement plus rapide dans les territoires concernés par les restrictions. En cinq ans, la part des véhicules Crit’Air 0 et 1 aurait progressé de « 88,4 % » dans les villes disposant d’une ZFE, contre « 82,6 % » dans celles qui n’en ont pas.
Pour « 40 millions d’automobilistes », le débat doit désormais porter sur le rapport entre le bénéfice environnemental supplémentaire et les conséquences économiques pour les conducteurs. L’association rappelle que certains propriétaires de véhicules anciens ne disposent pas nécessairement des moyens financiers nécessaires pour les remplacer.
Pierre Chasseray, délégué général de l’association, estime ainsi que « si 36 % de baisse des émissions auraient été obtenus sans ZFE et que la ZFE n’ajoute que quelques points supplémentaires », ce résultat doit être comparé au « coût social, économique et territorial de la mesure ».
Une prise de position qui relance un débat particulièrement sensible dans le Grand Paris, où la réduction de la pollution automobile doit composer avec les réalités économiques et les habitudes de déplacement de millions de Franciliens.
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