Le prix des carburants continue de peser lourdement sur le quotidien des ménages. Dans un communiqué daté du 29 mai 2026, l’association « 40 millions d’automobilistes » alerte sur les conséquences économiques et sociales de la hausse des prix à la pompe.
Selon le communiqué, la situation ne concerne plus seulement les automobilistes. Elle touche désormais les restaurants, les vacances, les loisirs, les sorties du quotidien et une partie de la consommation des ménages. L’association estime que “l’État transforme progressivement l’automobile en privilège de classe” en maintenant une fiscalité jugée trop lourde sur les carburants.
Le document s’appuie sur le 14e baromètre “Du pouvoir d’achat au vouloir d’achat”, réalisé par OpinionWay pour Bonial les 12 et 13 mai 2026 auprès de plus d’un millier de personnes représentatives de la population française. Selon cette enquête, 67 % des Français déclarent avoir déjà supprimé certains déplacements à cause du coût des carburants.
Le communiqué relève également que 81 % des Français affirment devoir réduire d’autres dépenses pour compenser leur budget carburant. Les premiers postes sacrifiés sont les restaurants et bars, cités par 53 % des personnes interrogées, les sorties et loisirs, cités par 52 %, ainsi que les vacances et week-ends, cités par 47 %.
Pour « 40 millions d’automobilistes », le carburant devient ainsi un facteur central dans les arbitrages de consommation. L’association estime que la hausse des prix ne limite pas seulement la mobilité, mais conditionne désormais la capacité des ménages à sortir, consommer, partir en vacances ou accéder à certains services.
Philippe Nozière, président de l’association, résume ce basculement en déclarant que “pendant des décennies, l’automobile représentait la liberté de circuler, de travailler, de partir en vacances, de vivre pleinement”. Il ajoute qu’“aujourd’hui, elle est en train de redevenir ce qu’elle était : un privilège réservé à ceux qui peuvent encore se permettre de le faire”.
Le communiqué insiste également sur les effets économiques de cette crise. Selon l’étude citée, 73 % des Français réorganisent leurs trajets pour réduire leurs frais, tandis que 56 % choisissent leurs enseignes en fonction du prix du carburant. L’association y voit le signe d’une modification durable des comportements.
La pression sur le budget des ménages apparaît aussi dans les chiffres liés au pouvoir d’achat. Le communiqué indique que seuls 62 % des Français parviennent aujourd’hui à boucler leurs dépenses jusqu’à la fin du mois, que 46 % peuvent encore se faire plaisir et que seulement 39 % réussissent à épargner.
Pour Pierre Chasseray, délégué général de « 40 millions d’automobilistes », les effets dépassent largement la question du transport. “Quand les Français renoncent aux restaurants, aux week-ends, aux loisirs ou aux vacances parce qu’ils doivent consacrer une part toujours plus importante de leur budget au carburant, ce n’est pas seulement l’automobiliste qui souffre : c’est toute l’économie qui ralentit”, affirme-t-il.
L’association met directement en cause la fiscalité. Elle rappelle qu’entre la TICPE et la TVA à 20 %, les taxes représentent une part importante du prix payé à la pompe. Elle souligne aussi que les prix dépassent régulièrement les 2 euros le litre en mai 2026, sans réponse jugée suffisante de la part de l’État.
Face à cette situation, « 40 millions d’automobilistes » réclame des mesures immédiates pour redonner du pouvoir d’achat aux Français et relancer la consommation. L’association défend en particulier une baisse des taxes sur les carburants, qu’elle présente comme “une nécessité économique autant qu’une urgence sociale”.
Pierre Chasseray conclut en estimant que tant que l’automobile sera considérée comme “une simple variable fiscale”, les classes moyennes et populaires continueront à payer la facture. Derrière cette alerte, l’association veut poser une question plus large sur la place de la voiture dans le quotidien des Français, en particulier pour ceux qui n’ont pas d’alternative réelle pour travailler, se déplacer ou vivre normalement.
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