À chaque crise, l’État semble répondre de la même manière. Face à l’augmentation des agressions antisémites, la réponse politique consiste à annoncer des lois plus sévères et des sanctions plus lourdes. Mais une loi peut devenir aussi dure que possible, elle ne vaut rien si elle n’est pas réellement appliquée.
On peut augmenter les peines, multiplier les textes et promettre la fermeté. Si les décisions prononcées ne sont pas exécutées, ces annonces ne servent à rien. Pire encore, elles affaiblissent progressivement l’autorité de l’État. Une sanction qui reste théorique donne le sentiment que la règle n’existe plus et que chacun peut s’en affranchir sans conséquence réelle.
La France aurait peut-être besoin d’un véritable ministère de l’Application des décisions de justice. Sa mission ne serait pas de fabriquer de nouvelles lois, mais de s’assurer que celles qui existent sont respectées, que les condamnations sont exécutées et que les victimes obtiennent effectivement ce que la justice leur a accordé. L’autorité de l’État ne repose pas sur le nombre de textes publiés au Journal officiel, mais sur sa capacité à les faire appliquer....
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