Le décès d’une jeune femme de 25 ans, survenu le 27 juillet 2026 à Nice après une injection à visée esthétique réalisée dans un salon de beauté, relance les alertes de la communauté médicale sur les actes pratiqués en dehors de tout cadre médical. Selon le Dr Christophe Desouches, chirurgien spécialiste en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, il s’agit du deuxième décès de ce type recensé en France en 2026, après celui survenu à Villeurbanne en mars.
Membre du conseil d’administration du Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique, le chirurgien appelle les autorités sanitaires et judiciaires à renforcer les contrôles, à engager des poursuites systématiques et à lancer une campagne nationale d’information.
« Ce drame n’est pas un accident isolé. C’est l’aboutissement prévisible d’une pratique de charlatanerie qui s’est totalement banalisée, alimentée par les réseaux sociaux et des tarifs cassés », déclare le Dr Christophe Desouches.
Les médecins et chirurgiens esthétiques reçoivent régulièrement des patientes souffrant de complications après des injections réalisées illégalement : nécroses, granulomes, infections, asymétries ou présence de produits non identifiables et parfois impossibles à retirer.
« Nous passons une part croissante de notre exercice à rattraper les dégâts de personnes qui manipulent des dispositifs médicaux sans aucune compétence pour en gérer les complications, dont certaines, comme ce drame le rappelle, engagent le pronostic vital en quelques minutes », poursuit-il.
Le SNCPRE ainsi que les sociétés savantes de la spécialité, notamment la Société française de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique et la Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens, alertent depuis plusieurs années les autorités sur le développement de ces pratiques.
Le Dr Christophe Desouches rappelle qu’une injection esthétique doit exclusivement être réalisée dans un cadre médical, par un médecin. Les actes pratiqués dans un salon de beauté, un institut ou à domicile par une personne non médecin sont illégaux.
Avant toute intervention, les patients sont invités à vérifier que le praticien figure dans l’annuaire officiel du Conseil national de l’Ordre des médecins, accessible sur ordre.medecin.fr ou annuaire.sante.fr. Cette inscription permet de contrôler son diplôme, sa qualification et son droit d’exercer.
Le chirurgien appelle également à la prudence face aux offres proposées à des prix anormalement bas sur les réseaux sociaux, susceptibles de dissimuler l’utilisation de produits de contrebande ou l’intervention d’un injecteur non autorisé.
Les patients doivent pouvoir connaître précisément la nature et l’origine du produit utilisé. Le médecin doit être en mesure de présenter son emballage, son marquage CE et son numéro de lot, puis d’enregistrer ces informations dans le dossier médical.
Le Dr Christophe Desouches demande désormais une réponse renforcée des pouvoirs publics afin de mieux informer la population, d’identifier les pratiques clandestines et de poursuivre les personnes réalisant illégalement ces injections.
à partir de 3,00 € par mois
pour un accès intégral au site et à nos services
0 COMMENTAIRE(S)