Quatre équipes de recherche parisiennes et franciliennes ont été récompensées le 20 octobre 2026 dans le cadre du sixième appel à projets du Fonds Amgen France pour la Science et l’Humain. Chaque équipe distinguée bénéficie d’une dotation pouvant atteindre 75 000 euros pour accompagner ses travaux.
Ces travaux figurent parmi les huit projets sélectionnés sur plus de 90 candidatures. L’appel à projets portait sur la médecine de précision et l’optimisation du parcours de soins, dans trois domaines : l’onco-hématologie, les pathologies inflammatoires chroniques et la cardiologie-métabolisme.
Les recherches soutenues explorent notamment les biomarqueurs, les outils numériques et l’intelligence artificielle pour mieux adapter la prise en charge aux caractéristiques de chaque patient.
Cancer colorectal : mieux cibler la chimiothérapie préopératoire
Aux hôpitaux européen Georges-Pompidou et Saint-Louis de l’AP-HP, le Pr Franck Pagès et son équipe travaillent sur les cancers colorectaux localisés de type MSS.
Les chercheurs étudient des caractéristiques du système immunitaire observables dès la biopsie réalisée au diagnostic. Ils cherchent à identifier les patients susceptibles de bénéficier d’une chimiothérapie avant la chirurgie, afin d’éviter d’exposer les autres à un traitement inutile et à ses effets indésirables.
L’équipe analyse également un marqueur associé au risque de récidive, avec l’objectif de mieux repérer les patients exposés à une rechute.
Leucémie : détecter plus tôt les résistances
À l’IHU Institut de la Leucémie Paris Saint-Louis, le Pr Hugues de Thé et son équipe cherchent à anticiper la résistance au traitement initial des leucémies aiguës myéloïdes. Selon la présentation du Fonds, environ un patient sur cinq ne répond pas à cette première chimiothérapie.
Dans le prolongement du projet DYNHAEMICS, financé par la Fondation ARC, les chercheurs analysent des marqueurs protéiques dans des prélèvements sanguins et médullaires. Ils étudient notamment les cytokines et 5 000 autres protéines pour identifier des signaux précoces de réponse ou de résistance et, à terme, adapter plus rapidement la stratégie thérapeutique.
Cancers du sang : personnaliser les doses et le suivi
À CentraleSupélec et à l’IHU PRISM, le Dr Gurvan Hermange travaille sur les néoplasmes myéloprolifératifs, des cancers du sang chroniques nécessitant un suivi prolongé.
Son projet associe modélisation mathématique, intelligence artificielle, données cliniques et retours des patients. Il vise à mieux estimer la relation entre les doses d’interféron alpha et leur toxicité, ainsi qu’à déterminer les moments où les prélèvements sanguins sont les plus informatifs.
L’objectif est de développer un outil numérique d’aide à la décision pour améliorer la tolérance du traitement et la qualité de vie, tout en sécurisant le suivi.
Hypercholestérolémie : explorer de nouveaux marqueurs
À l’UMR_S1166 ICAN, Sorbonne Université–Inserm, Olivier Bluteau étudie l’épigénétique, qui concerne les mécanismes modulant l’activité des gènes sans modifier la séquence de l’ADN.
Son équipe analysera la méthylation de plus de 40 gènes chez 500 patients présentant une hypercholestérolémie sévère. Ces signatures seront confrontées aux données cliniques liées à l’athérosclérose.
Les résultats pourraient permettre d’identifier de nouveaux marqueurs diagnostiques ou pronostiques et contribuer à mieux prévoir le risque cardiovasculaire.
memento.paris
à partir de 3,00 € par mois
pour un accès intégral au site et à nos services
0 COMMENTAIRE(S)