Les commissions des affaires étrangères et du développement du Parlement européen défendent une enveloppe de 225 milliards d’euros pour l’instrument « Global Europe » sur la période 2028-2034. Adoptée le 19 octobre 2026, leur position prévoit notamment un financement réservé à l’aide humanitaire et des conditions liées au respect de la démocratie et des droits humains. Elle doit encore être approuvée en séance plénière.
Le projet de position a recueilli 63 voix pour, 27 contre et 5 abstentions. Les députés souhaitent faire de Global Europe un outil de défense des valeurs et des intérêts stratégiques de l’Union, tout en maintenant l’éradication de la pauvreté comme objectif de long terme.
Ils rejettent les propositions de coupes budgétaires du Conseil et demandent une augmentation de 25 milliards d’euros, en prix courants, par rapport aux 200 milliards initialement proposés par la Commission européenne.
Au moins 25 milliards d’euros pour l’aide humanitaire
Face à l’instabilité géopolitique, les deux commissions souhaitent réserver un minimum de 25 milliards d’euros à l’aide humanitaire. Elles demandent également des lignes budgétaires spécifiques pour un fonds de reconstruction de Gaza et pour les pays candidats à l’adhésion à l’Union.
Leur position prévoit d’affecter 20 % de l’aide au développement au développement humain. Une part des financements serait aussi consacrée aux investissements de la stratégie européenne Global Gateway, avec l’objectif de soutenir l’autonomie stratégique et la résilience économique de l’Union.
Des financements soumis à des conditions
Les députés proposent un mécanisme permettant de suspendre les financements en cas de dégradation de la démocratie, des droits humains ou de l’état de droit dans un pays partenaire.
La Commission pourrait également interrompre tout ou partie des paiements si un partenaire manquait gravement à son obligation de réadmettre ses propres ressortissants. Les élus souhaitent, par ailleurs, exclure du dispositif les entités qui ne sont pas alignées sur les intérêts stratégiques européens.
Ces dispositions constituent des propositions inscrites dans la position des commissions parlementaires.
Soutenir l’élargissement et renforcer le contrôle parlementaire
Global Europe devrait accompagner les pays candidats et candidats potentiels dans leur rapprochement avec les valeurs et la législation européennes, en renforçant les incitations aux réformes.
L’instrument apporterait également un soutien à l’Ukraine face aux conséquences de la guerre d’agression russe, sans remettre en cause les enveloppes destinées aux autres priorités et pays partenaires.
Les députés demandent des rapports substantiels sur la mise en œuvre du dispositif et un dialogue régulier avec les commissaires concernés. Ils souhaitent aussi être davantage associés au fonctionnement de Global Gateway.
Le mandat de négociation avec le Conseil a été approuvé en commission par 61 voix pour, 34 contre et 2 abstentions. Sa validation, ainsi que celle de la position parlementaire, est prévue lors d’une séance plénière en novembre 2026. Les négociations interinstitutionnelles pourront ensuite commencer lorsque les États membres auront adopté leur mandat complet, comprenant les niveaux globaux de financement du budget européen 2028-2034.
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