L’Association Neurodivergence invite les entreprises à élargir leur analyse des risques psychosociaux en tenant davantage compte de la diversité des fonctionnements cognitifs. Sans remettre en cause les approches centrées sur l’organisation, le management ou la charge de travail, elle estime que ce facteur pourrait aider à mieux comprendre certaines situations de souffrance professionnelle.
Stress chronique, épuisement, conflits, désengagement ou absentéisme peuvent résulter d’interactions multiples entre les salariés, leur environnement et l’organisation du travail. L’association souligne que les risques psychosociaux ne peuvent donc pas être attribués à une cause unique.
Selon les données qu’elle cite, la dépression et l’anxiété entraîneraient chaque année, à l’échelle mondiale, la perte de 12 milliards de journées de travail et près de 1 000 milliards de dollars de productivité.
Les organisations reposent encore largement sur des méthodes de travail, de communication et de prise de décision relativement homogènes. Or, toutes les personnes ne perçoivent pas, ne traitent pas et ne restituent pas les informations de la même manière.
Certains salariés peuvent notamment présenter une sensibilité sensorielle importante, des besoins particuliers en matière d’organisation ou des modalités différentes d’attention, de communication et de prise de décision.
Lorsque ces caractéristiques restent méconnues, elles peuvent être interprétées comme un manque d’implication, une difficulté comportementale, une faible résistance au stress ou une incapacité à s’adapter.
L’Association Neurodivergence ne présente pas la neurodiversité comme une origine des risques psychosociaux. Elle invite plutôt à examiner la manière dont un environnement de travail standardisé peut accentuer les difficultés de certaines personnes lorsque leurs besoins ne sont pas identifiés.
De nombreuses personnes développent, parfois dès l’enfance, des stratégies de compensation afin de répondre aux attentes de leur environnement scolaire, social puis professionnel.
Ces efforts d’adaptation continus peuvent représenter une charge cognitive et émotionnelle importante. Dans certains contextes, ils sont susceptibles de contribuer à une fatigue durable, une perte d’énergie, une diminution des capacités d’attention ou un épuisement progressif.
Ces mécanismes restent souvent difficiles à identifier, aussi bien pour les personnes concernées que pour leur entourage professionnel.
La prise en compte de la neurodiversité ne constitue pas, selon l’association, une réponse unique aux risques psychosociaux. Elle pourrait toutefois compléter les dispositifs consacrés à la qualité de vie et aux conditions de travail, au management, à l’organisation et à la prévention des situations de souffrance.
« Les risques psychosociaux ne relèvent jamais d’une cause unique. Ils résultent d’interactions complexes entre les personnes, l’organisation du travail et leur environnement. Mieux comprendre la diversité des fonctionnements cognitifs pourrait constituer un levier supplémentaire pour renforcer durablement les démarches de prévention et d’accompagnement des organisations », indique Aurélie Vasselin, fondatrice et présidente de l’Association Neurodivergence.
L’association propose ainsi d’intégrer cette dimension aux grilles d’analyse existantes, afin de mieux accompagner les salariés et d’adapter les environnements professionnels sans opposer les différentes approches de prévention.
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