Plus d’un quart des institutions financières interrogées en France et au Benelux déclarent détecter le plus souvent la fraude seulement après le règlement du paiement. C’est l’un des principaux enseignements de l’étude The State of European Financial Services: 2026 publiée par Sumsub, alors que les paiements instantanés réduisent fortement le temps disponible pour identifier une opération suspecte.
L’étude repose sur les réponses de 804 professionnels de la fraude et de la conformité en Europe. Dans la zone France-Benelux, seulement 8 % des institutions interrogées disposeraient d’une plateforme intégrant à la fois fraude et conformité, et 16 % auraient totalement connecté en temps réel leurs données d’identité, de paiement, de fraude et de lutte contre le blanchiment.
À l’inverse, 26 % déclarent que la fraude est le plus souvent identifiée après le règlement, soit la proportion la plus élevée parmi les régions étudiées par Sumsub. Elle est détectée dès l’entrée en relation dans seulement 16 % des cas et lors de l’accès au compte pour 28 %.
Cette fragmentation devient plus problématique avec la généralisation des virements instantanés en euros, qui doivent pouvoir être exécutés en dix secondes dans le cadre de la réglementation européenne. Pour les établissements, les contrôles doivent donc intervenir suffisamment tôt pour éviter qu’une transaction frauduleuse ne soit déjà irréversible au moment où l’alerte apparaît.
Dans l’étude, 37 % des acteurs de France et du Benelux placent d’ailleurs l’amélioration de la détection précoce parmi leurs principales priorités pour les 24 prochains mois.
Les risques apparaissent également dispersés : 30 % des répondants citent la fraude aux paiements non autorisés, 29 % les escroqueries à l’investissement et 26 % l’usurpation d’identité.
« Les fraudeurs exploitent les failles entre des systèmes cloisonnés », estime Ilya Brovin, Chief Growth Officer de Sumsub, qui défend une vision unifiée du parcours client plutôt qu’une multiplication des outils indépendants.
La pression réglementaire s’ajoute à cette évolution technologique. En France, la période transitoire permettant à certains prestataires de services sur crypto-actifs de poursuivre leur activité sans autorisation MiCA a pris fin le 1er juillet 2026. Les prestataires concernés doivent désormais disposer de l’autorisation requise ou cesser leur activité ; l’exercice non autorisé peut être sanctionné de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.
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