L’Association pour la gestion du régime de Garantie des créances des salariés (AGS) a avancé 1,31 milliard d’euros au premier semestre 2026 pour garantir le paiement des salaires des entreprises en procédure collective, soit une hausse de 19,4 % sur un an. Dans un contexte où entre 71 000 et 75 000 défaillances d’entreprises sont désormais attendues cette année, l’organisme estime que le montant total de ses avances pourrait atteindre un niveau inédit de 2,6 milliards d’euros en 2026.
Le premier semestre 2026 confirme la dégradation de la situation économique de nombreuses entreprises françaises. Après une année 2025 déjà marquée par un niveau historique de plus de 2,2 milliards d’euros d’avances versées, l’AGS observe une nouvelle accélération de son activité.
Au 30 juin, l’association avait mobilisé 1,31 milliard d’euros afin de garantir le paiement des créances salariales des entreprises en procédure collective, soit une progression de 19,4 % par rapport à la même période de 2025.
Dans le même temps, 157 983 salariés ont bénéficié de l’intervention de l’AGS, en hausse de 12 % sur un an, tandis que près de 14 000 nouvelles procédures ont nécessité son intervention.
Selon l’organisme, cette évolution traduit une transformation de la nature des défaillances. Les procédures concernent davantage de moyennes et grandes entreprises, ce qui accroît le nombre de salariés touchés et renforce les conséquences sociales.
« Les difficultés que nous observons depuis plusieurs trimestres ne relèvent plus d'une situation ponctuelle. Elles traduisent une fragilité durable de nombreuses entreprises confrontées à un environnement économique dégradé. Les défaillances que nous accompagnons sont souvent plus importantes et produisent un impact social plus marqué », déclare Christian Nibourel, président de l’AGS.
Au regard des tendances observées, l’AGS estime que les avances versées pourraient atteindre près de 2,6 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année, soit environ 16 % de plus qu’en 2025.
Si cette projection se confirme, il s’agirait du montant annuel le plus élevé depuis la création du régime.
L’association relie cette évolution à un contexte économique qui demeure difficile, marqué notamment par une croissance limitée, des marges d’entreprises sous pression et des coûts de financement élevés.
Parallèlement, les prévisions tablent désormais sur un nombre de défaillances compris entre 71 000 et 75 000 entreprises en 2026, prolongeant la dynamique observée depuis plus de deux ans.
L’analyse par secteur montre que les difficultés concernent désormais une grande partie de l’économie.
L’industrie demeure le premier secteur accompagné par l’AGS, avec 295 millions d’euros d’avances, en hausse de 28,6 % sur un an. Le commerce arrive ensuite avec 211 millions d’euros, en progression de 27,6 %, devant le secteur de la construction.
Les augmentations les plus marquées concernent toutefois le transport et l’entreposage, où les avances progressent de 38,4 %, ainsi que l’hébergement-restauration, en hausse de 37,7 %.
Selon l’AGS, ces évolutions illustrent une diffusion progressive des difficultés économiques à l’ensemble des secteurs productifs.
Le profil des bénéficiaires évolue également. À la fin du premier semestre, le montant moyen des avances atteint 8 294 euros par salarié, contre 7 779 euros un an plus tôt.
Cette progression reflète, selon l’association, une augmentation des défaillances touchant des emplois plus qualifiés.
Sur le plan territorial, plusieurs régions enregistrent une forte hausse du nombre de salariés accompagnés. Les Hauts-de-France comptent 10 355 bénéficiaires supplémentaires, tandis que l’Occitanie en recense 2 312 de plus qu’un an auparavant.
Ces disparités témoignent de la vulnérabilité de certains bassins économiques fortement dépendants de secteurs industriels et commerciaux actuellement en difficulté.
Malgré l’augmentation du nombre de dossiers traités, l’AGS indique maintenir un niveau élevé de réactivité.
Plus de 80 % des relevés de créances continuent d’être traités en moins de 48 heures, afin de garantir une prise en charge rapide des salariés confrontés à la défaillance de leur employeur.
« Malgré la hausse continue des volumes traités, plus de 80 % des relevés de créances continuent d'être pris en charge en moins de 48 heures. Cette capacité d'intervention rapide constitue un facteur essentiel de protection des salariés confrontés à la défaillance de leur employeur », souligne Antonin Blanckaert, directeur général de l’AGS.
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