La CGT du Samusocial de Paris dénonce un durcissement des conditions d'accès au dispositif de mise en sécurité destiné aux femmes victimes de violences. Dans un document diffusé aux agents, le syndicat affirme que de nouvelles consignes internes du Service intégré d'accueil et d'orientation (SIAO 75) réduisent les possibilités de prise en charge, sur fond de pénurie de places d'hébergement et de mouvement de grève engagé depuis plus d'un mois.
Selon l'analyse réalisée par la CGT, le dispositif, qui permettait jusqu'à présent d'assurer une mise à l'abri immédiate dans les situations les plus critiques, est désormais recentré sur des critères plus restrictifs. Les nouvelles règles privilégieraient principalement les situations impliquant un éloignement vers un autre département, à la demande d'un autre SIAO, tandis que l'accès au dispositif serait davantage conditionné à l'existence d'un danger considéré comme immédiat.
Le syndicat estime que toutes les situations de violences ne bénéficieront plus automatiquement d'une mise en sécurité. Il évoque un renforcement de la territorialisation, une multiplication des évaluations et le développement de prises en charge temporaires.
La CGT affirme surtout que ces évolutions seraient directement liées au manque de places disponibles. Elle cite des échanges internes indiquant que l'augmentation des mises en sécurité est devenue « intenable dans le contexte que nous connaissons ». Pour le syndicat, « la pénurie devient progressivement un critère d'accès à la protection ».
Selon cette analyse, les femmes qui ne pourront plus bénéficier du dispositif devront désormais contacter elles-mêmes le 115, déjà confronté à une forte saturation. Elles devront exposer une nouvelle fois les violences subies, être réévaluées selon les critères habituels et pourront, dans certains cas, n'obtenir qu'une solution d'hébergement provisoire, sans garantie de protection durable.
La CGT estime également que ces nouvelles consignes auront des conséquences importantes pour les professionnels. Les équipes seraient amenées à appliquer des critères plus stricts et à arbitrer entre des situations pourtant toutes jugées légitimes, dans un contexte de moyens limités. Le syndicat refuse que les travailleurs sociaux deviennent, selon ses termes, « des gestionnaires de la pénurie ».
Dans le courriel adressé aux agents, la CGT affirme qu'aucune véritable concertation n'aurait précédé la mise en œuvre de ces nouvelles règles et appelle à poursuivre la mobilisation. Le syndicat considère que « aucune économie budgétaire ne devrait jamais conduire à restreindre la protection des victimes de violences » et invite les salariés à poursuivre le mouvement de grève.
À ce stade, les documents transmis présentent la position de la CGT du Samusocial de Paris. Ils ne comportent pas de réponse ou de réaction de la direction du Samusocial ni des autorités concernées sur ces accusations.
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