Le prix moyen du SP95-E10 est repassé sous la barre symbolique des 2 euros le litre en France métropolitaine, apportant une légère accalmie aux automobilistes à l’approche d’un week-end de grands départs. Une baisse bienvenue après plusieurs semaines de tension, mais qui ne suffit pas à faire disparaître les inquiétudes liées au coût durablement élevé des déplacements.
Vendredi à 11 heures, le SP95-E10 s’affichait en moyenne à 1,994 euro le litre dans 7 474 stations-service, soit une baisse de 1,3 centime par rapport à la veille. Selon une information de l’AFP, calculée à partir des données gouvernementales, ce carburant n’était plus repassé sous les 2 euros depuis le 19 juillet.
Le gazole demeure en revanche nettement au-dessus de ce seuil, à 2,197 euros le litre en moyenne dans 9 615 stations. Le SP98 s’établissait pour sa part à 2,088 euros le litre, en recul de 2,7 centimes sur sept jours.
Cette détente intervient après une baisse des cours du pétrole en début de semaine. Le baril de Brent est brièvement repassé sous les 80 dollars après l’espoir exprimé par les États-Unis d’une réouverture rapide du détroit d’Ormuz. Les cours sont cependant repartis légèrement à la hausse depuis, les incertitudes restant fortes autour de ce corridor majeur pour le transport pétrolier mondial.
Pour l’association 40 millions d’automobilistes, cette baisse représente une respiration bienvenue, mais encore insuffisante. « Toute baisse est évidemment bienvenue. Les automobilistes subissent depuis plusieurs semaines des hausses importantes et cette respiration est appréciable, notamment à la veille de grands départs. Mais les prix demeurent beaucoup trop élevés et chacun reste conscient que cette accalmie peut être temporaire », estime Pierre Chasseray, délégué général de l’association.
Face à cette instabilité, les automobilistes chercheraient de plus en plus des solutions permettant de réduire durablement leur facture. Selon 40 millions d’automobilistes, les installations de boîtiers permettant la conversion au superéthanol E85 connaissent une forte progression, avec des commandes qui auraient doublé en un an et des demandes de devis toujours en hausse.
L’association voit dans cet engouement le signe d’un changement de comportement. Plutôt que d’attendre une baisse durable du prix de l’essence, certains conducteurs choisissent d’adapter leur véhicule afin d’utiliser un carburant généralement moins coûteux à la pompe.
« Le succès du bioéthanol montre que les automobilistes savent s’adapter lorsqu’on leur propose une alternative crédible », considère Philippe Nozière, président de 40 millions d’automobilistes. Il estime que le recours au superéthanol peut permettre à certains conducteurs de réduire fortement leur budget carburant sans devoir remplacer leur voiture.
L’association plaide ainsi pour une meilleure information des automobilistes sur cette solution et pour son développement. Elle rappelle toutefois que l’installation d’un boîtier de conversion suppose un véhicule compatible et un équipement adapté.
Pour 40 millions d’automobilistes, l’enjeu dépasse la seule évolution hebdomadaire des prix. « Les Français veulent avant tout pouvoir continuer à se déplacer sans que chaque hausse à la pompe remette en cause leur budget », souligne Pierre Chasseray.
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