Le taux de chômage atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,2 point sur trois mois. Le ministère du Travail et des Solidarités reconnaît cette progression mais estime qu’elle doit être relativisée, une partie de la hausse étant liée aux effets de la loi pour le plein emploi mise en œuvre depuis dix-huit mois.
Selon le Gouvernement, le taux de chômage a augmenté de 0,98 point depuis l’entrée en vigueur de cette réforme. Près de la moitié de cette progression, soit 0,44 point, serait directement liée à l’intégration dans les statistiques de personnes auparavant davantage considérées comme inactives, notamment les bénéficiaires du RSA et les jeunes accompagnés par les missions locales.
Dès lors qu’elles recherchent activement un emploi et sont disponibles pour travailler, ces personnes sont en effet comptabilisées comme chômeuses au sens du Bureau international du travail. Le ministère considère donc que la réforme fait temporairement monter le taux de chômage tout en rapprochant de l’emploi des publics qui en étaient auparavant éloignés.
Selon cette analyse gouvernementale, sans cet effet statistique, le taux de chômage serait inférieur à 8 %.
La progression du chômage intervient également dans un environnement économique jugé moins favorable, marqué par une croissance limitée et par les incertitudes internationales. Le Gouvernement estime néanmoins que « les fondamentaux du marché du travail demeurent solides ».
Il met notamment en avant un taux d’emploi de 69 %, présenté comme historiquement élevé, ainsi qu’un taux d’activité de 75,4 %, lui aussi à un niveau record. Le ministère rappelle par ailleurs que plus de deux millions d’emplois ont été créés depuis 2017.
Le Gouvernement cite également les estimations de la Banque de France selon lesquelles le chômage structurel aurait diminué de 1,3 point entre 2015 et 2025.
Face à la remontée actuelle du chômage, le ministère identifie trois priorités pour les prochains mois. Il souhaite faciliter l’insertion professionnelle des jeunes, maintenir davantage les travailleurs expérimentés dans l’emploi et mieux adapter les compétences aux besoins des entreprises.
« Malgré un contexte économique difficile, le marché du travail français résiste », affirme Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités.
Le ministre met notamment en avant le plan Emploi futur lancé en mai, le maintien du soutien à l’apprentissage dans le budget 2027 et l’annonce d’un plan « Seconde partie de carrière » à la rentrée. Le Gouvernement entend également poursuivre les efforts de formation dans plusieurs secteurs considérés comme stratégiques, parmi lesquels le nucléaire, la transition écologique et l’industrie de défense.
La hausse du chômage à 8,3 % constitue donc un signal de vigilance, mais le Gouvernement refuse d’y voir à ce stade un retournement profond du marché du travail. Il défend au contraire l’idée d’une progression en partie mécanique, liée à l’intégration de nouveaux publics dans la recherche active d’emploi.
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