Le Gouvernement a présenté le deuxième plan d’actions interministériel pour améliorer la prévention des risques liés à l’amiante (PAIA2), qui couvrira la période 2026-2030. Ce programme, élaboré conjointement par plusieurs ministères, vise à renforcer la coordination des politiques publiques en matière de prévention sanitaire et professionnelle face à un matériau encore largement présent dans de nombreux bâtiments et équipements.
Ce nouveau plan succède au premier PAIA lancé en 2016 et s’inscrit dans un contexte où l’amiante demeure responsable de plusieurs milliers de cancers chaque année en France, malgré son interdiction depuis le 1er janvier 1997.
Massivement utilisé jusqu’à son interdiction, l’amiante reste aujourd’hui présent dans de nombreux bâtiments, infrastructures et équipements sur le territoire français. Le matériau se retrouve également à l’état naturel dans certaines zones géologiques, notamment en Haute-Corse et dans plusieurs massifs montagneux.
Les pouvoirs publics rappellent que l’amiante constitue encore un enjeu majeur de santé publique et de santé au travail. Chaque année, plus de 1 000 cas de mésothéliomes pleuraux et entre 1 800 et 4 000 cancers broncho-pulmonaires lui sont attribués. L’exposition à l’amiante représente ainsi la première cause de cancers d’origine professionnelle en France.
Les effets sanitaires pouvant apparaître entre 30 et 40 ans après l’exposition initiale, le Gouvernement estime nécessaire de poursuivre les actions de prévention à destination des travailleurs comme de la population générale.
Le PAIA2 a été élaboré sous le pilotage des ministères chargés du Travail, de l’Environnement, de la Santé et du Logement. D’autres administrations, notamment les ministères de l’Agriculture, de l’Éducation nationale et des Outre-mer, sont également associées au dispositif.
Le premier plan lancé en 2016 avait notamment permis de renforcer la professionnalisation de la filière, de soutenir le développement de techniques de détection et de désamiantage via le Plan recherche et développement amiante (PRDA), ainsi que d’améliorer la cohérence de l’action publique sur le sujet.
Le nouveau plan entend prolonger ces travaux tout en intégrant de nouvelles problématiques identifiées ces dernières années.
Le PAIA2 s’articule autour de six axes d’action prioritaires. Le premier vise à renforcer l’information du grand public et des travailleurs sur les risques sanitaires liés à l’amiante et sur la réglementation applicable.
Le deuxième axe porte sur la professionnalisation des acteurs de la filière, avec un effort particulier sur la formation des travailleurs et des professionnels intervenant sur des matériaux amiantés.
Le troisième axe prévoit l’amélioration des connaissances scientifiques ainsi que le développement d’outils de collecte et de suivi des données relatives à l’exposition et aux risques.
Le quatrième axe concerne l’évolution de la réglementation et la mise en œuvre de nouvelles mesures destinées à réduire les expositions.
Le cinquième axe vise à accompagner les collectivités, services publics et entreprises dans l’application de la réglementation relative à l’amiante.
Enfin, le sixième axe prévoit un soutien renforcé aux travaux de recherche et de développement consacrés à l’amiante.
Parmi les nouvelles orientations du plan figurent plusieurs actions consacrées à l’amiante naturellement présent dans certains terrains et roches, ainsi que la prise en compte des recommandations sanitaires actualisées du Haut Conseil de la santé publique.
Le Gouvernement souhaite également engager des actions spécifiques concernant la gestion de l’amiante dans les établissements scolaires, présentée comme une priorité du nouveau dispositif.
Le renforcement de la prévention dans les territoires ultramarins constitue un autre volet important du plan, avec l’objectif de structurer davantage la filière de prévention des risques liés à l’amiante dans les Outre-mer.
Le Gouvernement précise enfin que le PAIA2 a vocation à évoluer au cours de sa mise en œuvre. Certaines actions pourront être adaptées ou complétées en fonction des avancées scientifiques, techniques ou réglementaires, afin d’améliorer en continu la coordination de l’action de l’État sur la prévention des risques liés à l’amiante.
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