Les fédérations Adédom, ADMR, FNAAFP-CSF et UNA alertent sur la situation financière des Services d’aide et d’accompagnement à domicile aux familles (SAAD Familles). Elles jugent insuffisante la revalorisation de 1,95 % décidée par la Caisse nationale des allocations familiales le 19 mai 2026, alors que les structures doivent absorber une hausse simultanée de leurs coûts salariaux et conventionnels.
Les SAAD Familles interviennent auprès de parents confrontés à des situations susceptibles de fragiliser l’exercice de la parentalité, comme une naissance, une maladie, une séparation, un handicap, un deuil ou un épuisement parental.
Leur mission consiste à prévenir l’aggravation des difficultés, à soutenir les familles dans leur quotidien et à favoriser le bien-être de l’enfant. Ces services associatifs sont financés par les départements et les Caisses d’allocations familiales.
À l’échelle nationale, ils sont représentés par quatre fédérations : Adédom, ADMR, FNAAFP-CSF et UNA.
Ces organisations saluent les avancées obtenues ces dernières années dans le cadre du dialogue avec la Caisse nationale des allocations familiales. Elles citent notamment l’extension des interventions en prévention de l’épuisement parental et le lancement prochain d’une stratégie nationale de communication autour des métiers de technicien de l’intervention sociale et familiale et d’accompagnant éducatif et social.
Le 19 mai 2026, le conseil d’administration de la Cnaf a décidé de revaloriser de 1,95 % le financement des SAAD Familles.
Pour les quatre fédérations, cette augmentation ne permet pas de couvrir le coût réel des interventions, après deux années consécutives de gel des financements.
La situation est d’autant plus tendue que les structures doivent absorber, depuis le 1er juin 2026, la hausse du salaire minimum interprofessionnel de croissance ainsi que le surcoût lié à l’entrée en vigueur des avenants 75 et 76 de la convention collective nationale de la Branche de l’Aide à Domicile.
Ces avenants ont pour objectif de mieux reconnaître les métiers du domicile et de renforcer leur attractivité dans un contexte de pénurie de professionnels. Leur mise en œuvre accroît toutefois les charges des services, sans compensation financière jugée suffisante par les fédérations.
Les organisations nationales indiquent alerter depuis plusieurs années sur l’écart croissant entre les financements accordés et les coûts supportés par les associations.
Plusieurs services accumulent désormais les déficits. Certains envisagent de réduire ou d’interrompre une partie de leurs interventions afin de préserver l’équilibre économique de leurs autres activités. D’autres se disent proches de la cessation d’activité.
Les fédérations redoutent ainsi la disparition progressive d’un dispositif de prévention primaire intervenant directement au domicile des familles.
Une telle évolution priverait, selon elles, des milliers de foyers d’un accompagnement dans des périodes de forte vulnérabilité, notamment lors d’une naissance, d’une maladie, d’une séparation, d’un handicap, d’un décès ou d’un épisode d’épuisement parental.
Les quatre fédérations estiment que la situation entre en contradiction avec les orientations publiques appelant à renforcer la prévention, l’accompagnement des 1 000 premiers jours et le soutien à la parentalité.
Adédom, ADMR, FNAAFP-CSF et UNA demandent donc à la Cnaf et à son conseil d’administration de réviser sans délai la décision du 19 mai 2026.
Elles considèrent que la sécurisation financière des SAAD Familles est nécessaire pour maintenir leur mission de prévention et, à plus long terme, limiter les coûts liés aux politiques de protection de l’enfance.
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