Le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a publié sa feuille de route santé sexuelle 2026-2030, articulée autour de 22 actions opérationnelles. Prévention, dépistage, contraception, interruption volontaire de grossesse (IVG), lutte contre le VIH et les infections sexuellement transmissibles (IST), chemsex et réduction des inégalités figurent parmi les principaux axes retenus.
Présentée dans le prolongement de la Journée internationale de la santé sexuelle du 4 septembre 2026, cette feuille de route a été élaborée avec les administrations concernées, les agences régionales de santé (ARS), les associations, les professionnels de santé, les chercheurs et les personnes concernées. Elle prolonge la Stratégie nationale de santé sexuelle 2017-2030.
Des acquis depuis 2017, mais des inégalités persistantes
Le ministère inscrit cette nouvelle étape dans la continuité de plusieurs évolutions intervenues depuis 2017 : déploiement du premier programme national d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), renforcement de l’accès à l’IVG, inscription dans la Constitution de la liberté d’y recourir, ou encore accès élargi au dépistage.
Le dépistage du VIH et des IST est notamment accessible sans ordonnance et pris en charge à 100 % pour les moins de 26 ans. La primo-prescription de la PrEP a également été élargie, tandis que la Semaine nationale du dépistage a évolué vers une Semaine nationale de la promotion de la santé sexuelle.
Le ministère rappelle aussi la généralisation de la consultation longue en santé sexuelle, prise en charge à 100 % et sans avance de frais pour les moins de 26 ans.
Malgré ces évolutions, la feuille de route relève la persistance d’inégalités sociales et territoriales, ainsi que de nouveaux enjeux liés aux pratiques, au numérique et à des phénomènes comme le chemsex.
Prévenir plus tôt et rendre l’offre plus lisible
La stratégie repose sur cinq priorités. La première consiste à renforcer la prévention tout au long de la vie, avec une attention particulière portée aux jeunes et au déploiement effectif de l’EVARS.
Le deuxième axe vise à rendre l’offre de santé sexuelle plus simple à identifier et plus équitablement accessible. L’objectif est de permettre aux usagers comme aux professionnels de mieux repérer les structures et dispositifs disponibles à proximité : CeGIDD, centres de santé sexuelle ou médecine de ville.
Cette orientation doit passer par une meilleure organisation de l’offre, une simplification des parcours et le développement des dispositifs d’« aller-vers », en particulier auprès des personnes les plus éloignées du système de santé.
L’action n°11 est spécifiquement consacrée à l’amélioration de la lisibilité de l’offre sur l’ensemble du territoire.
L’objectif d’éliminer la transmission du VIH maintenu pour 2030
La France maintient son ambition d’éliminer la transmission du VIH à l’horizon 2030. La feuille de route prévoit pour cela de renforcer le dépistage, la prévention combinée et l’accès aux traitements préventifs comme la PrEP.
Un autre volet concerne l’accès à la contraception et à l’IVG. Les actions n°8 et 9 doivent notamment améliorer la lisibilité et la fluidité des parcours, avec l’objectif de réduire les différences d’accès selon les territoires.
Le ministère prévoit également de développer les centres de santé et de médiation en santé sexuelle (CSMSS), avec une cible de neuf centres communautaires d’ici 2030.
Le chemsex intégré à la stratégie nationale
La nouvelle feuille de route consacre également un axe spécifique au chemsex, pratique située à l’intersection des enjeux de santé sexuelle, d’addictologie et de santé mentale.
Les actions n°17 et 18 sont consacrées à cette problématique, tandis que les actions n°19 et 20 doivent renforcer la production de données et l’évaluation des politiques publiques.
Une attention particulière doit par ailleurs être portée aux publics considérés comme davantage exposés aux difficultés d’accès à la prévention et aux soins : jeunes, personnes en situation de précarité ou de handicap, personnes LGBT+, personnes migrantes et personnes en situation de prostitution.
Une déclinaison spécifique prévue dans les Outre-mer
La mise en œuvre reposera sur une gouvernance associant plusieurs ministères, les ARS, les collectivités territoriales, les associations, les chercheurs et les professionnels de terrain.
Une déclinaison territoriale renforcée est notamment prévue à travers les comités de coordination régionale de la santé sexuelle (CoReSS). La feuille de route prévoit également une prise en compte spécifique des territoires ultramarins.
Le dispositif doit faire l’objet d’un suivi annuel à partir d’indicateurs partagés et d’un cadre d’évaluation destiné à mesurer les résultats obtenus et à adapter les politiques publiques au cours de la période 2026-2030.
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