François Bayrou profite de l’été pour relancer le débat sur la présidentielle de 2027. Le président du MoDem plaide désormais pour une candidature unique du « fleuve démocratique central », allant selon lui du Parti socialiste aux Républicains, afin d’éviter une dispersion des candidatures susceptible de conduire à un second tour entre le Rassemblement national et La France insoumise.
L’ancien Premier ministre, qui assure ne pas être lui-même candidat, juge le risque d’un face-à-face RN-LFI suffisamment important pour justifier une recomposition profonde du bloc central. Son idée pourrait passer par l’élaboration d’une charte commune puis par l’organisation d’une primaire permettant de départager les différentes personnalités intéressées.
Selon une information de l’AFP, cette initiative traduit également le peu d’enthousiasme de François Bayrou pour les deux candidatures déjà les plus visibles au sein du camp central, celles d’Édouard Philippe et de Gabriel Attal.
Les deux hommes ont d’ailleurs adopté des stratégies estivales très différentes. Gabriel Attal multiplie les déplacements et les propositions sur des sujets comme l’eau, le tourisme ou encore les gens du voyage, avec un rythme de campagne qui doit se poursuivre jusqu’à un meeting programmé à Lyon le 10 octobre.
Édouard Philippe a choisi une période plus calme, hormis une récente prise de position consacrée à l’immigration et à la crise de Ceuta. Le maire du Havre reprendra toutefois sa campagne avec un déplacement particulièrement attendu à Mayotte et à La Réunion du 21 au 25 août, avant plusieurs rendez-vous politiques de rentrée.
François Bayrou estime pour sa part que l’élection présidentielle « a changé de nature » et que l’éparpillement des candidatures du centre, de la droite modérée et de la gauche sociale-démocrate pourrait devenir dangereux. Son appel a cependant été accueilli froidement par le Parti socialiste et Les Républicains, qui ont déjà rejeté l’idée d’une candidature commune avec le bloc central.
L’ancien maire de Pau évoque pourtant un éventail très large de personnalités susceptibles de prendre part à cette démarche. Parmi les noms cités figurent Michel Barnier, Xavier Bertrand et François Baroin à droite, Bernard Cazeneuve à gauche, Jean-Louis Borloo au centre, mais aussi plusieurs anciennes figures des gouvernements d’Emmanuel Macron comme Jean Castex, Bruno Le Maire, Élisabeth Borne ou Yaël Braun-Pivet.
François Bayrou vante aussi les qualités de Thierry Breton, ancien commissaire européen, qu’il présente comme « un des rares dirigeants européens à s’être opposé à Trump et à Poutine ». Sollicité par l’AFP sur cette éventuelle candidature, l’ancien ministre de l’Économie n’a pas souhaité s’exprimer.
Gabriel Attal n’a pas totalement fermé la porte à une éventuelle primaire. Il a cependant estimé qu’« avant de parler tambouille politique et tambouille électorale », la priorité devait rester les préoccupations des Français et les réponses à leur apporter.
Du côté d’Horizons, l’initiative de François Bayrou est accueillie avec beaucoup plus de distance. Elle est même qualifiée en interne de « non-évènement », certains y voyant avant tout une tentative de faire émerger la candidature de Thierry Breton.
À un peu plus d’un an de la présidentielle, la question du nombre de candidats susceptibles de se présenter dans l’espace politique central devient ainsi l’un des principaux enjeux de la préparation du scrutin. François Bayrou tente désormais de convaincre que seule une candidature commune permettra d’éviter une dispersion qu’il considère comme potentiellement fatale.
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