En pleine période de vacances, les passagers d’easyJet France se retrouvent une nouvelle fois pris en otage de revendications syndicales auxquelles ils sont totalement étrangers. Alors que les personnels navigants commerciaux entament un mouvement de grève ce week-end, ce sont d’abord les voyageurs qui risquent d’en subir les conséquences. Des familles, des touristes ou des salariés peuvent voir leur repos et leurs déplacements perturbés alors qu’ils ont parfois réservé leurs billets plusieurs mois à l’avance. Une situation difficilement acceptable au moment où les vacances représentent pour beaucoup une période attendue toute l’année.
Le SNPL easyJet France apporte néanmoins son soutien au mouvement des PNC et décrit "un contexte social profondément dégradé". Le syndicat des pilotes affirme être engagé depuis plusieurs mois dans des négociations avec la direction, notamment autour de "la stabilité des emplois du temps et la fatigue".
Selon le SNPL, les conditions d’exploitation se seraient progressivement tendues. Le syndicat évoque "une dégradation de la stabilité des plannings", un recours accru à des pilotes acceptant de travailler pendant des jours initialement prévus pour leur repos et des rotations disposant de marges plus faibles pour absorber les retards et autres imprévus.
Pour l’organisation syndicale, "la résilience d’une compagnie aérienne ne peut pas reposer durablement sur la capacité de ses équipages à absorber toujours davantage de contraintes". Le SNPL insiste particulièrement sur la fatigue, qu’il considère comme un facteur devant être traité en amont.
Le syndicat prend toutefois soin de préciser qu’il "n’affirme pas que les opérations d’easyJet sont aujourd’hui dangereuses". Il dit observer en revanche "une dérive progressive qui réduit les marges de résilience, augmente la sollicitation des équipages" et rendrait la flexibilité individuelle des salariés de plus en plus nécessaire au maintien du programme de vols.
Les pilotes n’ont, pour leur part, appelé à aucun mouvement de grève et affirment continuer "pour l’instant, à privilégier le dialogue". La mobilisation des PNC est cependant présentée comme "un signal supplémentaire adressé à la direction d’easyJet France".
Le conflit oppose ainsi salariés et direction sur l’organisation du travail, la fatigue et la productivité. Mais au bout de la chaîne, ce sont bien les passagers qui supportent les annulations, les retards et l’incertitude. Quelles que soient les revendications défendues, empêcher des voyageurs de se déplacer au cœur des vacances revient une nouvelle fois à faire peser un conflit interne à l’entreprise sur des clients qui n’y sont pour rien.
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