Après les assistants conversationnels et les copilotes, Lynakor veut accompagner les entreprises dans une nouvelle étape : l’intégration d’agents d’intelligence artificielle directement dans leurs processus métier. Lancée par Laurent Silvestri, Hugues Hermenault et Thierry Verrecchia, la start-up française se positionne comme opérateur d’infrastructures agentiques à destination notamment des PME et ETI.
Son ambition est de permettre aux entreprises de passer de l’expérimentation à un déploiement à plus grande échelle, tout en conservant la maîtrise de leurs données, des droits d’accès, des coûts, de la gouvernance et de la supervision des agents.
Selon des données McKinsey citées par Lynakor, 88 % des organisations interrogées utiliseraient régulièrement l’intelligence artificielle dans au moins une fonction, mais deux tiers n’auraient pas encore engagé son déploiement à l’échelle de l’ensemble de leur organisation. Gartner estime de son côté que 40 % des applications d’entreprise pourraient intégrer des agents IA spécialisés d’ici fin 2026, contre moins de 5 % en 2025.
Des agents capables d’agir dans les systèmes de l’entreprise
Contrairement à un assistant génératif limité à la production de réponses, un agent IA peut être connecté aux données et applications d’une organisation, intervenir dans un processus métier et déclencher certaines actions.
Cette évolution fait émerger de nouvelles problématiques : déterminer les informations auxquelles l’agent peut accéder, les opérations qu’il est autorisé à effectuer, les conditions de validation, la traçabilité de ses interventions ou encore le suivi de ses performances et de ses coûts.
Lynakor estime que le passage à l’échelle nécessite une couche d’infrastructure spécifique reliant processus métier, données, systèmes d’information, modèles d’intelligence artificielle et règles de gouvernance.
« L’IA représente un vivier d’opportunités extraordinaire pour les entreprises. Celles qui intégreront intelligemment l’IA dans leurs processus métier augmenteront significativement la performance commerciale et opérationnelle de leur organisation », indique Laurent Silvestri, président de Lynakor.
Cartographier les processus avant d’automatiser
La start-up entend partir du fonctionnement réel de chaque organisation plutôt que déployer des agents de manière standardisée.
Son intervention débute par une cartographie des processus, des flux d’information, des applications, des données, des responsabilités et des points de friction. Cette analyse doit permettre d’identifier les tâches susceptibles d’être automatisées et les cas d’usage pour lesquels l’IA pourrait générer un gain mesurable.
Lynakor cite notamment la réduction des coûts, l’accélération des opérations, l’amélioration de la qualité ou encore de la performance commerciale parmi les critères pouvant justifier un déploiement.
« Chaque entreprise a ses processus, ses données, ses règles et ses exigences de souveraineté. L’IA ne doit pas imposer son fonctionnement à l’entreprise : c’est à l’entreprise d’imposer son fonctionnement à l’IA », précise Laurent Silvestri.
Gouvernance, sécurité et souveraineté intégrées à l’architecture
Lynakor place également la gouvernance au cœur de son offre. L’intégration d’agents dans le système d’information implique en effet de définir les droits d’accès, de sécuriser les données, de conserver la trace des actions effectuées et de superviser les décisions prises ou déclenchées automatiquement.
La société affirme intégrer dès la conception les exigences liées à la conformité, notamment celles du règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act), ainsi que les problématiques de souveraineté et de dépendance technologique.
D’après les chiffres McKinsey repris par Lynakor, 39 % des entreprises expérimenteraient déjà l’IA agentique, tandis que 23 % déclareraient avoir déployé au moins un agent. Ces données sont présentées par la start-up pour illustrer l’écart qui subsiste entre expérimentation et industrialisation.
De l’audit jusqu’à la supervision en production
Lynakor propose d’intervenir sur l’ensemble du cycle de déploiement : audit et optimisation des processus métier, analyse des données et systèmes existants, choix des cas d’usage, conception des agents, intégration au système d’information, puis supervision et amélioration continue.
La start-up prend l’exemple d’un processus de traitement de commandes : après identification des tâches automatisables, un agent peut être connecté aux applications concernées, puis suivi en production afin de contrôler ses actions, ses autorisations, ses performances et ses coûts.
Le positionnement de Lynakor repose ainsi sur une promesse : permettre aux entreprises de bénéficier des évolutions rapides de l’IA agentique sans abandonner la maîtrise de leur environnement technologique, de leurs données et de leurs règles de fonctionnement.
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