Alors que les aides publiques étaient censées compenser la flambée des prix des carburants, leur efficacité interroge. Selon les conclusions d’un rapport parlementaire présenté par le député Philippe Brun, seuls 24 % des Français éligibles auraient effectivement bénéficié des dispositifs mis en place par l’État. En d’autres termes, près de trois bénéficiaires potentiels sur quatre seraient restés à l’écart de ces aides.
Le bilan des aides instaurées pour limiter les conséquences de la hausse des carburants apparaît particulièrement faible. D’après le rapport parlementaire cité par l’association 40 millions d’automobilistes, seulement 24 % des personnes qui pouvaient prétendre à ces mesures auraient réellement reçu un soutien financier.
Des millions de Français n’auraient pas obtenu les aides auxquelles ils étaient pourtant éligibles. Le manque d’information, le temps nécessaire aux démarches et la complexité des procédures administratives figurent parmi les principales explications avancées.
Philippe Nozière, président de 40 millions d’automobilistes, estime que ce résultat confirme les limites des aides conditionnées. Selon lui, la multiplication des formulaires, des critères à vérifier et des délais de traitement conduit de nombreux automobilistes à renoncer à réclamer quelques dizaines d’euros.
Face à ce constat, l’association demande au Gouvernement d’intervenir directement sur les prix payés dans les stations-service. Elle défend une réduction générale de la fiscalité appliquée aux carburants, jugée plus simple et immédiatement accessible à l’ensemble des conducteurs.
Le rapport parlementaire évoque notamment l’exemple de l’Espagne, où une baisse des taxes aurait permis de soutenir directement les automobilistes tout en réduisant les effets de l’envolée des prix.
Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d’automobilistes, considère qu’il serait préférable d’agir sur le montant affiché à la pompe plutôt que de maintenir des aides que trois Français éligibles sur quatre n’auraient jamais perçues.
« Une baisse des taxes profite immédiatement à tous les automobilistes, sans formulaire, sans délai et sans exclusion », affirme-t-il.
Au-delà du faible taux de bénéficiaires, les chiffres révèlent les difficultés d’un système reposant sur des aides ponctuelles et ciblées. Avec seulement un Français éligible sur quatre effectivement aidé, le dispositif aurait laissé de côté la majorité des conducteurs concernés par l’augmentation du coût de leurs déplacements.
Dans un contexte marqué par les tensions internationales et les inquiétudes entourant une possible nouvelle hausse du prix des carburants, 40 millions d’automobilistes appelle à remplacer ces aides par une réponse universelle, simple et directement visible sur les prix.
L’association souhaite ainsi que le Gouvernement tire les conséquences du rapport parlementaire et réduise le poids de la fiscalité sur les carburants. Pierre Chasseray dénonce une « usine à gaz administrative » qui finit, selon lui, par exclure une grande partie des Français.
Pour l’association, les automobilistes n’ont pas besoin de nouvelles démarches à effectuer pour pouvoir se déplacer. Ils attendent avant tout que le prix du carburant redevienne plus accessible.
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