Face à la multiplication des attaques informatiques visant les administrations, le Gouvernement annonce une accélération de sa stratégie de protection des données des Français. L’exécutif constate que les attaques deviennent "plus nombreuses et plus sophistiquées" et rappelle qu’elles constituent des délits commis contre les citoyens comme contre l’État.
La doctrine retenue repose d’abord sur une intervention rapide. Chaque compromission détectée doit entraîner "une interruption immédiate de l’accès frauduleux", la révocation des identifiants concernés et le renforcement des restrictions. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information est systématiquement mobilisée.
Le Gouvernement insiste également sur les poursuites judiciaires. L’intrusion visant France Titres a notamment conduit à "une interpellation le 25 avril 2026 et à une mise en examen le 29 avril". D’autres arrestations sont évoquées concernant des attaques contre le ministère de l’Éducation nationale, la Fédération française de tir ou encore des plateformes de revente de données volées. À la suite du récent incident touchant la Direction générale des Finances publiques, la DGFiP a également déposé plainte et une enquête judiciaire est en cours.
Les personnes concernées doivent parallèlement être informées. Chaque violation de données fait l’objet d’une notification à la CNIL et d’une information individuelle précisant les données susceptibles d’avoir été exposées. Les usagers concernés par l’incident de la DGFiP doivent être contactés à compter de ce lundi 17 août.
L’État veut désormais renforcer durablement ses infrastructures numériques. Un plan lancé le 30 avril prévoit notamment la création d’une nouvelle autorité numérique, baptisée "ARIANE", directement rattachée au Premier ministre. Aux côtés de l’ANSSI, elle sera chargée de standardiser et de sécuriser les infrastructures numériques des ministères. Sa création administrative est prévue avant le 1er janvier 2027.
L’effort financier annoncé est conséquent. "200 millions d’euros ont été débloqués" pour accélérer la sécurisation numérique de l’État. Cette enveloppe doit notamment financer des capacités interministérielles d’intelligence artificielle dédiées à la cybersécurité, une offre commune de sécurisation pour les ministères et plusieurs priorités de la stratégie nationale de cybersécurité.
À partir de 2027, le Gouvernement veut également imposer que "5 % des budgets numériques de chaque ministère" soient consacrés à la cybersécurité. Les amendes prononcées par la CNIL doivent par ailleurs contribuer à renforcer les moyens de cyberprotection de l’État.
Un plan d’urgence composé de "40 actions prioritaires, réparties en 10 champs d’action" a été imposé à l’ensemble des ministères. Parmi les mesures prévues figurent des exercices d’auto-attaque afin que les services de l’État testent eux-mêmes leurs vulnérabilités, ainsi qu’un recours accru à l’intelligence artificielle pour détecter les failles.
Enfin, après les incidents récents, le Premier ministre a demandé au ministre de l’Action et des Comptes publics de lancer un audit sur la sécurité informatique de la DGFiP, notamment sur les systèmes en relation directe avec les contribuables. Les premières mesures opérationnelles issues de cet audit doivent être présentées en septembre.
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