La deeptech française Ispiron, fondée par les bio-ingénieurs Irina Gbalou et Ahmed Said, annonce avoir remporté le Grand Prix du concours d’innovation i-Lab 2026 pour son projet SMARTBIO. Cette distinction s’accompagne d’un soutien de France 2030 pouvant atteindre 600 000 euros, destiné à accélérer le développement de sa nouvelle génération de bioréacteurs pour la production de biomédicaments.
L’entreprise veut désormais passer d’une phase de recherche et de développement à une technologie déployable auprès des laboratoires, groupes biopharmaceutiques et CDMO, les entreprises spécialisées dans le développement et la fabrication de médicaments pour le compte de tiers.
Un bioréacteur pensé pour faciliter le passage à l’échelle
La production de biomédicaments repose notamment sur la culture de cellules vivantes dans des bioréacteurs, avec un contrôle précis des conditions de fabrication. Le passage du laboratoire à des volumes industriels constitue toutefois une étape complexe : l’augmentation d’échelle peut modifier les conditions de culture, affecter les rendements et renchérir les coûts.
Ispiron développe donc un équipement combinant conception du bioréacteur, automatisation et monitoring intelligent. L’objectif affiché est de mieux maîtriser ces paramètres lors du passage de la R&D à la production industrielle.
La société cible notamment la fabrication d’anticorps, de vaccins et d’autres thérapies biologiques, avec l’ambition de réduire les coûts de production et de rendre les procédés plus facilement industrialisables.
« Nous avons beaucoup parlé de relocaliser la production de médicaments. Mais pour produire demain en France, il faut aussi maîtriser les technologies qui rendent cette production possible », explique Irina Gbalou, CEO et cofondatrice d’Ispiron.
Un projet inscrit dans la stratégie française sur les biomédicaments
Le projet s’inscrit dans un contexte où la bioproduction fait partie des priorités de France 2030. Le plan public fixe notamment l’objectif de produire au moins 20 biomédicaments en France à l’horizon 2030, en particulier contre les cancers et les maladies chroniques.
La France est par ailleurs passée du troisième au deuxième rang européen pour les biothérapies en développement, derrière le Royaume-Uni, selon un point d’étape publié par la Direction générale des Entreprises.
Pour les pouvoirs publics, l’enjeu ne consiste donc pas uniquement à soutenir la recherche, mais aussi à disposer de capacités industrielles permettant de transformer ces innovations en médicaments produits sur le territoire.
Après SynHelix, les fondateurs s’attaquent à la bioproduction
Ispiron prolonge le parcours entrepreneurial de ses deux fondateurs. Irina Gbalou et Ahmed Said avaient cofondé en 2019 SynHelix, une biotech spécialisée dans la synthèse d’ADN, cédée en 2022 à Univercells afin d’accompagner l’industrialisation de sa technologie.
Avec Ispiron, ils se concentrent désormais sur un autre maillon de la chaîne : les équipements nécessaires à la production de biomédicaments.
Le site de la société présente sa technologie comme un bioréacteur destiné à améliorer le passage à l’échelle, l’efficacité des procédés et leur coût, avec des applications ciblées auprès des entreprises biopharmaceutiques et des CDMO.
Des démonstrations à des échelles croissantes
Après l’obtention du Grand Prix i-Lab, Ispiron prévoit de finaliser le développement de son système, d’en démontrer les performances à des échelles progressivement plus importantes et de préparer son déploiement industriel.
« Le Grand Prix i-Lab est une reconnaissance importante, mais surtout un accélérateur pour transformer cette ambition technologique en réalité industrielle », souligne Irina Gbalou.
À terme, la start-up veut faire de sa technologie un outil de bioproduction utilisable au-delà du marché français, avec l’objectif de répondre aux enjeux de coût, de passage à l’échelle et de maîtrise industrielle qui accompagnent le développement des nouvelles biothérapies.
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