Une nouvelle enquête nationale menée auprès de plus de 9 000 masseurs-kinésithérapeutes libéraux et salariés met en évidence une dégradation des conditions d’exercice de la profession. Sept ans après une première étude réalisée en 2018, les résultats montrent une progression des indicateurs de mal-être et confirment la nécessité de renforcer les actions de prévention et d’accompagnement.
L’enquête, conduite par le professeur Didier Truchot, dresse un état des lieux des principales difficultés rencontrées par les professionnels. Parmi les facteurs de tension identifiés figurent une charge de travail importante, une rémunération jugée insuffisante conduisant à des horaires excessifs, des contraintes administratives croissantes, le sentiment de ne pas toujours pouvoir exercer dans de bonnes conditions ainsi qu’une augmentation des incivilités et des violences.
Les professionnels les plus jeunes apparaissent particulièrement exposés à ces difficultés. L’étude révèle également que les violences verbales ont concerné près d’un kinésithérapeute libéral sur cinq et plus d’un salarié sur quatre au cours des six mois ayant précédé l’enquête. Les violences physiques demeurent moins fréquentes mais touchent elles aussi une partie de la profession.
Malgré ce constat préoccupant, l’étude souligne que l’empathie, élément essentiel de la relation thérapeutique, reste une force majeure des kinésithérapeutes et demeure largement préservée.
Face à cette situation, l’Ordre rappelle les dispositifs déjà mis en place pour accompagner les professionnels. Ils comprennent notamment un réseau de référents spécialisés dans les risques psychosociaux, un numéro d’écoute accessible en permanence, un dispositif d’entraide personnalisé, un outil d’auto-évaluation du risque de burn-out ainsi que des ressources d’information consacrées aux risques psychosociaux et aux violences.
La présidente du Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes, Pascale Mathieu, juge cette nouvelle étude “particulièrement préoccupante”. Selon elle, elle met en évidence “les conséquences physiques et psychiques des dégradations continues des conditions de l’exercice libéral et salarié”. Elle estime également que, pour la première fois, les professionnels expriment une forte souffrance liée à la dégradation de leurs conditions économiques et appelle les partenaires concernés à apporter des réponses, tout en poursuivant les actions de prévention et de soutien déjà engagées.
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