Gérald Darmanin ne sera pas candidat à l’élection présidentielle de 2027. Le garde des Sceaux a officialisé le 17 août son soutien à Édouard Philippe, déjà candidat à l’Élysée, tout en entendant continuer à défendre sa ligne de « droite sociale ». Le maire du Havre est attendu à Mayotte puis à La Réunion du 21 au 25 août, avant de participer à la rentrée politique du ministre de la Justice à Tourcoing le 30 août.
« L'intérêt général n'est pas de multiplier les candidatures », a expliqué Gérald Darmanin dans un entretien à La Voix du Nord. « Nous sommes dans une situation extrêmement difficile, socialement difficile pour les Français. Donc j'ai décidé de ne pas rajouter de la division et donc de ne pas me présenter à l'élection présidentielle et de soutenir, et je souhaite que tout le monde fasse pareil, Édouard Philippe. »
Ce choix intervient après les prises de position de Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, et de Mathieu Lefèvre, ministre de la Transition écologique, deux proches politiques du garde des Sceaux qui ont eux aussi apporté leur soutien au président d’Horizons.
Les liens politiques entre les deux hommes sont anciens. Gérald Darmanin, comme Édouard Philippe issu de l’UMP avant de rejoindre la majorité présidentielle, était entré pour la première fois au gouvernement en 2017, lorsque l’actuel maire du Havre avait été nommé Premier ministre par Emmanuel Macron.
« J'ai un esprit de loyauté et Édouard Philippe est celui qui m'a permis d'être ministre et je peux assurer que c'est un homme qui a des qualités d'homme d'État, qu'il a l'expérience du pouvoir et, par ailleurs, c'est le mieux placé », indique Gérald Darmanin. Il appelle également Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France et lui-même intéressé par la présidentielle, à rejoindre le candidat d’Horizons. Avec sa « fibre sociale importante », il estime que les deux formeraient « le bon duo ».
Déclaré candidat depuis 2024, Édouard Philippe est actuellement en concurrence au sein du bloc central avec Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance et lui aussi candidat. Les deux hommes ont évoqué la possibilité d’un rassemblement autour du mieux placé au début de l’année 2027.
François Bayrou défend de son côté une autre méthode. Le président du MoDem a récemment proposé une primaire réunissant « tous les démocrates réformistes », en citant notamment Thierry Breton, Jean Castex ou Bernard Cazeneuve parmi les personnalités susceptibles d’y participer.
Son soutien à Édouard Philippe ne signifie pas un alignement sur l’ensemble de ses propositions. Gérald Darmanin entend notamment continuer à défendre une ligne davantage tournée vers l’électorat populaire.
L’un des désaccords porte sur les retraites. « Je suis opposé à la retraite à 67 ans », affirme le ministre. Édouard Philippe « n'a pour l'instant pas changé d'avis », reconnaît-il, tout en disant espérer « le convaincre ».
Ancien ministre du Budget entre 2017 et 2020, puis de l’Intérieur de 2020 à 2024 et garde des Sceaux depuis décembre 2024, Gérald Darmanin a régulièrement défendu cette orientation de « droite sociale ». Ancien soutien de Nicolas Sarkozy, il continue parallèlement à défendre le bilan d’Emmanuel Macron.
Il compte rester « ministre jusqu'au bout », sans occuper de fonction officielle dans l’équipe de campagne d’Édouard Philippe. Il affirme également ne pas avoir « vocation » à redevenir ministre en 2027. Son mouvement Populaires, créé avant d’être mis en sommeil lors de son maintien au gouvernement à l’automne 2025, organisera sa quatrième rentrée politique le 30 août à Tourcoing. Édouard Philippe y participera.
Gérald Darmanin se montre par ailleurs prudent sur les chances actuelles du bloc central. « Pour l'instant, je pense que nous sommes troisièmes » derrière Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, et donc « pas au second tour », estime-t-il.
Avant le rendez-vous de Tourcoing, le candidat d’Horizons se rendra dans l’océan Indien du 21 au 25 août. Son déplacement débutera à Mayotte avant de se poursuivre à La Réunion. Les différentes séquences de cette tournée étaient encore en préparation au début du mois d’août.
Cette visite interviendra au début d’une séquence politique chargée pour l’ancien Premier ministre. Il doit ensuite participer à la rentrée du Medef et débattre avec François Hollande le 29 août à Sens, dans l’Yonne, lors de l’université de rentrée du Laboratoire de la République, fondé par l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer.
Le déplacement de Mayotte et de La Réunion avait déjà été annoncé sur Memento.fr à l’occasion de la présentation de la visite de Sébastien Lecornu à Mayotte les 26 et 27 août.
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