Après un été marqué par la sécheresse et les épisodes de chaleur, l’État déploie en Île-de-France une série de mesures destinées à soutenir les exploitations agricoles confrontées à des pertes de rendement et à des tensions de trésorerie. La déclinaison régionale du plan CASI – Climat, Adaptation, Sécheresse, Incendie, annoncé au niveau national le 4 septembre 2026, prévoit notamment trois forfaits pouvant atteindre 8 000 euros, auxquels pourra s’ajouter un bonus de 1 000 euros pour certains agriculteurs récemment installés. Le plan national vise notamment à indemniser les pertes, soutenir la trésorerie et relancer la production après les aléas climatiques de 2026.
En Île-de-France, les difficultés ne se limitent pas aux dernières semaines. Selon les éléments communiqués par les services de l’État, les conditions météorologiques observées depuis octobre 2025 ont accéléré les moissons et dégradé les perspectives de rendement du maïs et de la betterave. Les productions maraîchères, horticoles et arboricoles ont également subi la chaleur et le manque d’eau, tandis que les élevages font face à des risques de pénurie de fourrage.
Trois forfaits de 2 000 à 8 000 euros
Après consultation des services de l’État et des représentants agricoles, Georges-François Leclerc, préfet de la région Île-de-France et préfet de Paris, a retenu trois niveaux d’aide dans le cadre du fonds de réarmement agricole.
Les exploitants considérés comme les plus en difficulté et déjà suivis par la chambre d’agriculture dans les cellules départementales « Réagir » pourront bénéficier d’un forfait de 8 000 euros.
Un deuxième forfait de 4 300 euros concernera les exploitations spécialisées rencontrant des difficultés économiques, notamment les maraîchers, horticulteurs, pépiniéristes, arboriculteurs et éleveurs d’herbivores.
Enfin, un soutien de 2 000 euros est prévu pour les exploitants dont plus de 30 % des surfaces sont consacrées aux cultures de printemps, hors orge de printemps et pommes de terre, lorsqu’ils enregistrent une baisse d’au moins 50 % de leur excédent brut d’exploitation (EBE) par rapport aux campagnes antérieures.
Les agriculteurs installés depuis trois ans ou moins seront dispensés de démontrer cette baisse d’EBE pour cette dernière catégorie.
Un bonus de 1 000 euros pour les nouveaux installés
Dans chacune des trois catégories, les exploitants installés depuis trois ans ou moins pourront recevoir 1 000 euros supplémentaires.
Un jeune agriculteur répondant aux conditions du premier forfait pourra donc percevoir jusqu’à 9 000 euros dans le cadre de cette déclinaison régionale.
Les critères détaillés d’éligibilité, les justificatifs demandés et les modalités de dépôt doivent encore être précisés par les services de l’État.
Près de 10 millions d’euros de dégrèvements de taxe foncière
Le plan francilien ne repose pas uniquement sur ces forfaits. L’État annonce également un dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) pour l’ensemble des exploitants de la région.
Le taux annoncé atteint 40 % pour les terres arables et entre 30 et 50 % pour les prairies, selon les départements. Les exploitations les plus touchées pourront demander des taux supérieurs auprès de leur administration fiscale.
L’ensemble de ces dégrèvements représenterait près de 10 millions d’euros en Île-de-France, selon les services de l’État.
Une enveloppe complémentaire destinée à la MSA Île-de-France doit également permettre de prendre en charge une partie des cotisations sociales agricoles des exploitants les plus fragiles et de mettre en place des échéanciers individualisés.
Engrais et GNR : les dispositifs prolongés
Le soutien à la campagne agricole 2027 passera aussi par la prolongation de plusieurs dispositifs nationaux.
Le guichet consacré à l’achat d’engrais azotés simples doit ainsi être prolongé jusqu’au 31 décembre 2026. FranceAgriMer confirme cette extension du dispositif, initialement limité aux achats réalisés jusqu’à fin septembre.
L’aide exceptionnelle de 15 centimes par litre de gazole non routier agricole (GNR), appliquée après les premières mesures prises au printemps, est également prolongée afin de couvrir les travaux de septembre et, le cas échéant, d’octobre. Le plan CASI national prévoit cette poursuite du soutien au carburant agricole.
Les avances PAC portées à 75 %
Autre levier annoncé : les avances sur les aides de la Politique agricole commune (PAC) pour la campagne 2026 seront portées de 70 à 75 %. Leur versement doit débuter à partir du 15 octobre 2026 afin d’apporter plus rapidement de la trésorerie aux exploitations.
Le versement de l’indemnisation de solidarité nationale (ISN) doit également être accéléré, tandis que les services départementaux pourront mobiliser le régime des calamités agricoles pour certaines pertes de fonds. Au niveau national, le plan CASI prévoit précisément d’accélérer ces indemnisations et de mobiliser des moyens supplémentaires pour les exploitations affectées.
Des dérogations à la couverture automnale des sols
Face à l’état de sécheresse des terres, des dérogations à l’obligation de couverture des sols pendant les périodes d’interculture sont prévues dans plusieurs départements.
Les préfets de Seine-et-Marne, des Yvelines, de l’Essonne et du Val-d’Oise ont pris ou doivent prendre des arrêtés permettant aux exploitants concernés d’adapter leurs pratiques à l’état des sols.
Les cellules départementales « sécheresse » créées pendant l’été dans ces quatre départements seront par ailleurs maintenues. Elles réunissent notamment les services de l’État, la MSA, les collectivités, la chambre d’agriculture, les organisations professionnelles et les établissements bancaires afin d’identifier les exploitations les plus fragiles et de les orienter vers les différents dispositifs.
« Face aux conséquences de cet été exceptionnel, l’État est pleinement mobilisé aux côtés des agriculteurs franciliens. Notre priorité est d’apporter des réponses ciblées, concrètes et rapides aux exploitations les plus fragilisées, tout en préparant la prochaine campagne et l’avenir de notre agriculture », indique Georges-François Leclerc.
Les agriculteurs franciliens sont invités à se rapprocher du service agricole de leur Direction départementale des territoires pour déterminer les aides auxquelles ils peuvent prétendre. Les informations relatives au déploiement des mesures doivent également être actualisées sur le site de la DRIAAF.
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