Alors que la hausse du prix de l’énergie continue d’alimenter les inquiétudes, l’association "40 millions d’automobilistes" interpelle Emmanuel Macron et demande au Gouvernement de changer de méthode. Dans un communiqué publié le 18 septembre, elle dénonce le "grand cirque des réunions" et estime que les conducteurs restent les grands absents des discussions consacrées au prix des carburants.
L’association reproche aux pouvoirs publics de multiplier les concertations sans parvenir, selon elle, à alléger suffisamment la facture à la pompe. Son message tient en trois mots, écrits en lettres capitales dans le communiqué, "BAISSER LES TAXES".
"40 millions d’automobilistes" affirme que "les taxes représentent environ 60 % du prix payé à la pompe en France" et considère que les dispositifs de compensation ne répondent pas au problème de fond. Philippe Nozière, président de l’association, résume sa position en affirmant que "les Français continuent de payer leur plein au prix fort" malgré la multiplication des réunions.
L’aide de 100 euros annoncée pour certains travailleurs considérés comme de "grands rouleurs", sous conditions de ressources et d’utilisation du véhicule, est également critiquée. L’association s’interroge sur une politique consistant, selon elle, à prélever fortement avant de redistribuer une partie des sommes sous forme d’aides.
Pierre Chasseray, délégué général de "40 millions d’automobilistes", juge ainsi que "ce n’est pas une politique du pouvoir d’achat, c’est une politique du pansement". Pour l’association, une réduction de la fiscalité aurait un effet plus direct sur le budget des ménages que des aides réservées à certaines catégories.
Le communiqué exprime également des inquiétudes sur l’évolution future de la fiscalité. "40 millions d’automobilistes" évoque la mise en place en 2028 d’un nouveau système européen lié au carbone et redoute que celui-ci ne contribue à alourdir encore le coût supporté par les conducteurs.
"À quel moment décide-t-on enfin de desserrer l’étau fiscal ?" demande Pierre Chasseray, qui estime que les automobilistes doivent déjà arbitrer entre leurs déplacements et d’autres dépenses.
L’association développe également un argument économique. Selon elle, lorsque le carburant devient trop cher, certains ménages réduisent leurs déplacements et leur consommation. Les entreprises subissent parallèlement une hausse de leurs coûts et l’activité économique peut en être affectée.
"Nous sommes dans un système perdant-perdant", affirme Pierre Chasseray. Il considère qu’une baisse des taxes permettrait de "redonner du pouvoir d’achat aux Français et permettre à l’économie de respirer".
Pour maintenir la pression, l’association poursuit enfin son opération numérique "Balance ton plein". Les automobilistes peuvent renseigner leur commune ou leur code postal afin d’alimenter une carte nationale représentant les territoires où des participants réclament une diminution de la fiscalité sur les carburants.
Le communiqué porte donc une revendication unique et assumée. Pour "40 millions d’automobilistes", les aides ponctuelles et les réunions ne suffisent plus. L’association souhaite désormais que la question de la fiscalité à la pompe soit directement posée dans le débat sur le pouvoir d’achat.
Mémento
à partir de 3,00 € par mois
pour un accès intégral au site et à nos services
0 COMMENTAIRE(S)