La CGT alerte sur les conditions de sécurisation des sites de Fibre Excellence après l’annonce de la liquidation de l’usine de Tarascon et alors qu’un repreneur est recherché pour celle de Saint-Gaudens. Le syndicat demande à l’État de garantir la sécurité des installations tout en maintenant la recherche de solutions industrielles permettant de préserver les sites et les emplois.
À Tarascon, les salariés assurent actuellement la surveillance et la mise en sécurité de l’usine. À compter du 28 août 2026, une société spécialisée dans le traitement et la gestion des déchets doit prendre le relais, selon la CGT.
Le syndicat conteste les conditions de cette transition, estimant que la sécurisation d’une papeterie de plusieurs dizaines d’hectares classée Seveso nécessite une connaissance approfondie des installations et de leurs procédures.
Protection contre les incendies, installations électriques, pompes et compresseurs nécessaires au maintien en sécurité, équipements contenant de l’amiante ou encore stockage de plusieurs milliers de mètres cubes de produits chimiques figurent parmi les points de vigilance cités par l’organisation syndicale.
La CGT considère qu’un transfert de ces responsabilités en quelques jours à des personnels ne connaissant pas encore le site pourrait présenter des risques. Elle demande que les salariés disposant des compétences nécessaires puissent continuer à assurer la surveillance et la préservation des installations avec les moyens adaptés.
Le syndicat interpelle également l’État sur les responsabilités qui seraient engagées en cas d’incident industriel ou environnemental après le changement d’équipe.
Au-delà des questions de sécurité immédiate, la CGT défend le maintien d’une activité industrielle à Tarascon et estime que la préservation des équipements et des compétences peut faciliter la recherche d’un repreneur.
Elle met en garde contre une dégradation progressive des installations qui compliquerait une éventuelle reprise et augmenterait, selon elle, les coûts futurs de sécurisation, de dépollution et de démantèlement. La CGT avance une estimation de plus de 500 millions d’euros pour la dépollution du site, sans préciser dans son communiqué l’origine de cette évaluation.
Depuis plusieurs semaines, elle demande la création, sous l’égide de la préfecture, d’un comité associant l’État, les collectivités, les représentants des salariés et les autres acteurs concernés. Cette instance aurait notamment pour mission d’étudier la poursuite d’une activité industrielle à partir d’un projet porté par les salariés.
Les inquiétudes concernent également le site de Saint-Gaudens, où un projet de reprise est actuellement étudié. Selon la CGT, si aucune solution n’aboutit d’ici au 15 septembre 2026, la question de la surveillance et de la préservation des installations se posera dans des conditions similaires.
L’organisation syndicale souligne la présence de volumes importants de produits chimiques, de stocks de bois et d'équipements nécessitant des compétences spécifiques. Elle appelle l’État à soutenir l’aboutissement d’une solution industrielle à Saint-Gaudens et demande également le maintien d’une perspective industrielle pour Chapelle-Darblay.
La CGT inscrit enfin ces dossiers dans la situation plus large de la filière forêt-bois. Après les incendies de l’été, elle souligne que plusieurs millions de bois brûlé devront trouver des débouchés et estime que les papeteries peuvent contribuer à leur valorisation.
Pour le syndicat, la disparition de capacités françaises de transformation du bois aurait ainsi des conséquences industrielles, économiques et environnementales. Il appelle l’État et les collectivités à intervenir pour sécuriser les sites, préserver les installations et les compétences et favoriser l’émergence de solutions de reprise.
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