Les produits estampillés « riche en protéines », « protein » ou « high protein » occupent une place croissante dans les rayons des supermarchés. Mais derrière cette promesse nutritionnelle, foodwatch affirme avoir identifié dix références qui relèveraient toutes de la catégorie des aliments ultra-transformés selon la classification NOVA. L’association dénonce également des prix parfois nettement supérieurs à ceux de produits comparables et demande l’instauration d’un étiquetage spécifique de l’ultra-transformation sur la face avant des emballages.
L’enquête publiée le 22 septembre 2026 porte sur des produits commercialisés par ou sous les marques Alpro et HiPRO de Danone, Lion de Nestlé, Andros, Lactel de Lactalis, Wasa de Barilla, Starbucks, Nature Valley de General Mills, Carrefour Sensation et Marque Repère d’E. Leclerc.
Selon foodwatch, ces références contiennent certes des protéines, mais également différents ingrédients qu’elle considère comme des marqueurs d’ultra-transformation, parmi lesquels des protéines isolées, des amidons modifiés, du sirop de glucose, de la gomme gellane ou encore certains édulcorants.
« Derrière leurs promesses nutritionnelles, les 10 produits “protéinés” que nous épinglons sont en réalité tous ultra-transformés », affirme Léa Redon, chargée de campagnes chez foodwatch. L’association considère que la mise en avant des protéines peut détourner l’attention de la composition globale des aliments.
Des teneurs en protéines élevées, mais des compositions très différentes
Parmi les dix références étudiées, foodwatch relève notamment les barres Nature Valley Protein chocolat & cranberries, qui affichent 25,6 g de protéines pour 100 g. L’association pointe également une teneur de 20,5 g de sucres pour 100 g et cite, dans la liste d’ingrédients, des protéines isolées de soja, de l’oligofructose, du sirop de glucose, du fructose, de la maltodextrine, des lécithines de soja et du glycérol.
Les céréales Lion Protein de Nestlé affichent pour leur part 15 g de protéines pour 100 g. foodwatch souligne l’ajout de gluten de blé et une teneur de 23 g de sucres pour 100 g.
Autre exemple cité : le lait protéiné chocolat Lactel, avec 6 g de protéines pour 100 ml mais également 9,1 g de sucres. La présence de gomme gellane conduit foodwatch à le classer parmi les produits ultra-transformés.
Pour la boisson HiPRO saveur myrtille de Danone, l’association relève 8,3 g de protéines pour 100 ml et mentionne la présence d’amidon modifié de maïs, de pectine ainsi que d’édulcorants comme l’acésulfame-K et le sucralose.
De Wasa à Alpro, dix références examinées
foodwatch a également passé au crible la salade High Protein Carrefour Sensation, qui affiche 10 g de protéines pour 100 g et contient notamment du dextrose et de l’amidon modifié de pomme de terre.
La gourde Andros Sport Whey & fruits tropical, avec 8,4 g de protéines pour 100 g, contient notamment des protéines de lait, des pectines et des glycosides de stéviol.
Les Wasa Protein+ affichent 20 g de protéines pour 100 g. foodwatch relève que leur composition comprend du gluten ajouté et compare leur prix à celui d’une autre référence de la marque : 13,95 euros le kilo pour la version protéinée relevée chez Carrefour, contre 7 euros pour la version « léger ».
La boisson Starbucks Chocolate Mocha Protein contient 6,3 g de protéines pour 100 ml. L’association cite parmi ses ingrédients des protéines de lait, de la gomme gellane, des carraghénanes et de l’acésulfame-K.
La boisson Alpro Protéines Soja affiche 5 g de protéines pour 100 ml et comprend notamment, selon foodwatch, des phosphates de potassium et de la gomme gellane.
Enfin, le yaourt protéiné myrtille Délisse Sport de Marque Repère, vendu chez E. Leclerc, affiche 9,2 g de protéines pour 100 g et contient des pectines, de l’acésulfame-K et du sucralose.
Les prix cités par foodwatch correspondent à des relevés effectués dans différentes enseignes et ne constituent donc pas nécessairement des tarifs uniformes ou permanents à l’échelle nationale.
Les besoins en protéines sont déjà couverts en moyenne, rappelle foodwatch
L’association s’appuie également sur les données de l’Anses pour relativiser l’intérêt nutritionnel de cette multiplication des références enrichies en protéines.
Selon les chiffres repris par foodwatch, les apports moyens en protéines atteindraient environ 1,4 g par kilogramme de poids corporel et par jour dans la population générale française, alors que l’Anses recommande un apport quotidien de 0,83 à 1 g/kg, représentant environ 10 à 20 % de l’apport énergétique total.
foodwatch considère donc que, pour une grande partie de la population, l’argument protéique ne correspond pas nécessairement à un besoin nutritionnel supplémentaire.
L’association demande un étiquetage de l’ultra-transformation
Sur le plan sanitaire, foodwatch rappelle que plusieurs travaux scientifiques qu’elle cite, notamment publiés par The Lancet ou issus de l’Inserm, ont mis en évidence des associations entre une consommation élevée d’aliments ultra-transformés et un risque accru de différentes pathologies, parmi lesquelles l’obésité, le diabète de type 2, l’hypertension ou certaines maladies cardiovasculaires. L’association évoque également des travaux portant sur certains cancers, maladies rénales et troubles de santé mentale.
Ces données portent toutefois sur la consommation globale d’aliments ultra-transformés et ne permettent pas, à elles seules, d’attribuer un risque sanitaire spécifique à chacun des dix produits cités.
Face à l’essor du marketing autour des protéines, foodwatch demande qu’un indicateur obligatoire de l’ultra-transformation apparaisse sur la face avant des emballages, aux côtés du Nutri-Score.
L’association indique par ailleurs que près de 180 000 personnes ont déjà signé une pétition portée avec Yuka et France Assos Santé afin de réclamer davantage de mesures visant les aliments ultra-transformés.
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