L’État engage une collaboration avec la Banque des Territoires pour accélérer le déploiement de l’intelligence artificielle dans les collectivités territoriales. Selon un communiqué du ministère de l’Action et des Comptes publics publié le 22 mai 2026, cette coopération est lancée dans le cadre du programme “Territoires d’IA”.
L’annonce a été faite par David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, à l’occasion du Printemps des Territoires. Le partenariat vise à partager les cas d’usage, les expertises et les retours d’expérience liés au déploiement de l’IA dans les services publics. La direction interministérielle du numérique, la DINUM, appelée à devenir la future Autorité de l’intelligence artificielle et du numérique de l’État, Ariane, doit siéger au comité partenarial du programme.
Le gouvernement présente cette coopération comme une réponse à un défi commun entre l’État et les collectivités. Les deux niveaux d’administration s’adressent aux mêmes citoyens et exercent des missions proches, comme “l’instruction des demandes d’aides, gestion d’infrastructures, traitement des signalements, simplification des actes administratifs”. Pour le ministère, les solutions trouvées par l’État peuvent bénéficier aux collectivités, tandis que les innovations développées localement peuvent enrichir l’action de l’administration centrale.
Le dispositif repose sur trois axes. Le premier concerne le partage des cas d’usage et des retours d’expérience. Le communiqué indique que “les expériences accumulées de part et d’autre constituent un patrimoine commun”. L’objectif est de documenter des solutions pouvant être réutilisées par d’autres administrations, avec des outils “portables et redéployables” au service des agents publics.
Le deuxième axe porte sur la souveraineté numérique. L’État souhaite mettre à disposition son expertise en matière d’intelligence artificielle souveraine, notamment à travers le socle interministériel d’IA générative, le SIIAG. Cette expertise doit permettre de mieux définir l’IA “souveraine et de confiance” que les pouvoirs publics souhaitent déployer dans les territoires.
Le troisième axe concerne la connaissance de l’écosystème IA. L’État et les collectivités doivent partager leurs informations sur les acteurs du secteur, notamment les éléments recueillis par la DINUM à travers l’appel à manifestation d’intérêt “Solutions d’IA pour le secteur public”. La Banque des Territoires pourra aussi bénéficier de la future structuration de la base industrielle et technologique du numérique dans le cadre de la future Ariane.
David Amiel voit dans cette coopération un levier de transformation des administrations publiques. “L’État s’engage pleinement aux côtés de la Banque des Territoires pour faire de l’intelligence artificielle un levier de souveraineté et de modernisation pour tous nos administrations publiques”, déclare le ministre dans le communiqué. Il ajoute que l’État et les collectivités “unissent leurs forces pour déployer l’IA” à travers le partage des cas d’usage, la mutualisation des expertises et une gouvernance commune avec la DINUM et la future Autorité Ariane.
Le programme “Territoires d’IA”, lancé par la Banque des Territoires, doit fournir aux élus et aux agents territoriaux des outils et un accompagnement pour intégrer l’intelligence artificielle dans les collectivités. Le communiqué précise que cette démarche doit respecter les principes de “souveraineté, de transparence et de protection des données”.
À travers cette collaboration, l’État cherche donc à éviter une dispersion des initiatives et à organiser une montée en compétence commune autour de l’intelligence artificielle publique. Le sujet dépasse la seule modernisation administrative. Il touche aussi à la maîtrise des données, à l’indépendance technologique et à la capacité des services publics à utiliser l’IA sans dépendre uniquement de solutions étrangères.
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