Pendant quatre décennies, le fort de Vaujours, en Seine-Saint-Denis, a accueilli des essais liés à l’industrie nucléaire. Racheté en 2010 par Placoplatre, filiale de Saint-Gobain, le site pourrait aujourd’hui devenir une carrière de gypse à ciel ouvert, destinée à alimenter l’une des plus importantes usines de plâtre d’Europe du groupe.
Ce projet suscite une vive opposition locale. Dans une pétition relayée par le Mouvement National de Lutte pour l’Environnement 93, les associations environnementales, dont FNE Île-de-France, Environnement 93 et le MNLE 93, alertent sur les conséquences sanitaires et environnementales d’une telle exploitation.
Selon la pétition, le projet entraînerait la destruction de “47 hectares de zones naturelles essentielles”, comprenant des boisements, des zones humides et des corridors écologiques. Les opposants dénoncent une atteinte durable à la biodiversité, mais aussi une dégradation du cadre de vie des habitants pour plusieurs décennies.
L’inquiétude est renforcée par le passé du site. Un reportage de France 3 Paris Île-de-France, cité par les associations, rappelle qu’à l’époque du CEA, le fort de Vaujours pouvait accueillir “jusqu’à 50 tests de détonateurs de bombes atomiques par jour”. Pour les riverains, la perspective d’une exploitation à ciel ouvert fait craindre une remise en circulation de poussières et de pollutions résiduelles.
Dans ce même reportage, un habitant exprime son inquiétude face au risque sanitaire. “Ça nous inquiète parce qu’on sait qu’ils faisaient des essais d’uranium nucléaire. S’ils touchent à ça, ça va partir dans l’air. Ici, il y a beaucoup d’enfants, beaucoup de malades… Mes parents sont morts du cancer.”
Les associations estiment que les garanties actuelles ne suffisent pas. Elles demandent aux pouvoirs publics et au préfet de ne pas autoriser Placoplatre à engager une exploitation à ciel ouvert tant que les doutes sanitaires et environnementaux demeurent. Elles réclament aussi des expertises indépendantes, menées dans des conditions de transparence totale.
Une autre voie est avancée par les opposants. L’extraction souterraine, appelée cavage, serait possible et déjà pratiquée sous le bois de Bernouille. Pour les associations, cette solution permettrait de limiter les nuisances, les poussières, l’impact climatique et la destruction des espaces naturels.
La pétition appelle donc à dire “NON À L’EXPLOITATION À CIEL OUVERT” et demande “l’abandon du projet actuel à ciel ouvert”, “des expertises indépendantes totalement transparentes” et “une protection durable du Fort de Vaujours”.
Au-delà du seul territoire de Vaujours, les signataires veulent poser une question plus large sur la place accordée aux habitants, aux scientifiques et aux associations dans les décisions liées aux grands projets industriels. Selon FNE Île-de-France et le MNLE 93, ce dossier interroge la capacité des pouvoirs publics à protéger la santé des riverains et les espaces naturels face à une exploitation jugée trop lourde pour le territoire.
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