Fait suffisamment rare pour être souligné, la CGT et la CFDT affichent une position commune contre les projets de décrets du gouvernement visant à réduire les remboursements de l’Assurance maladie.
Les deux organisations syndicales dénoncent des mesures qui, selon elles, feront peser un coût supplémentaire sur les patients tout en accentuant le renoncement aux soins.
Les textes transmis à la Caisse nationale d’assurance maladie prévoient notamment une diminution de la prise en charge de certains médicaments, des soins dentaires, des dispositifs médicaux et des transports sanitaires. Ils envisagent également le doublement des plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires.
Pour la CFDT, ces projets conduiraient directement à une hausse du reste à charge pour des millions de patients, qui passerait de 100 à 200 euros par an. Le syndicat estime que ces mesures sont injustes et inefficaces, car elles renforceront le renoncement aux soins tout en fragilisant davantage le système de santé. Il critique également une méthode jugée inacceptable, les décrets étant présentés avant même le débat parlementaire sur le financement de la Sécurité sociale.
De son côté, la CGT dénonce « un nouveau coup bas du gouvernement contre les malades en plein été ». Elle considère que ces mesures ne constituent pas de véritables économies, mais un simple transfert de dépenses vers les complémentaires santé, qui se traduira mécaniquement par une hausse des cotisations des mutuelles pour les salariés et les entreprises. Le syndicat rappelle que les cotisations des complémentaires ont déjà progressé de 8,2 % en 2024 puis de 6 % en 2025.
La CGT souligne également que les franchises médicales, présentées comme un outil de « responsabilisation », n’ont jamais permis de réduire la consommation médicale. Selon elle, leur principal effet est d’augmenter le reste à charge des personnes atteintes de maladies chroniques ou des ménages les plus fragiles.
Les deux syndicats pointent aussi le calendrier choisi par le gouvernement. La CFDT regrette l’absence d’une vision globale de la politique de santé et plaide pour des réformes structurelles fondées sur la prévention, l’accès aux soins, la qualité des prises en charge et la solidarité. La CGT dénonce, pour sa part, un « passage en force » par décret durant la période estivale et estime que cette méthode remet en cause le principe fondateur de solidarité de la Sécurité sociale.
Si leurs analyses diffèrent sur certains points, les deux organisations syndicales convergent sur un même constat. Elles estiment que les économies recherchées par le gouvernement risquent avant tout de pénaliser les patients, d’alourdir leurs dépenses de santé et de rendre l’accès aux soins plus difficile.
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