Au lendemain de l’incendie qui a ravagé près de 2 000 hectares du massif de Fontainebleau depuis le 12 juillet, la Région Île-de-France annonce un vaste plan d’action destiné à mieux protéger les forêts franciliennes face au risque croissant d’incendie. Une première série de mesures est engagée dès cette année, avant une conférence régionale qui réunira, le 8 octobre, l’ensemble des acteurs concernés afin de définir une stratégie commune.
La forêt représente près d’un quart du territoire francilien et accueille chaque année près de 100 millions de visiteurs. Depuis 2023, les services de l’État considèrent l’Île-de-France comme un « nouveau territoire du feu ». Les massifs de Fontainebleau, de la Commanderie, des Trois Pignons et de Nemours-Poligny sont d’ailleurs classés à risque d’incendie depuis avril 2026.
Les autorités rappellent que neuf départs de feu sur dix sont d’origine humaine et que la majorité des incendies naissent aux interfaces entre les espaces naturels et les zones urbanisées, à proximité des routes, des véhicules ou des chantiers.
Pour répondre à cette nouvelle menace, la Région lancera un audit complet des forêts franciliennes. Il portera notamment sur les accès des secours, les points d’eau disponibles ainsi que le respect des obligations légales de débroussaillement. Les forêts gérées par Île-de-France Nature seront également concernées. Cette mission doit permettre d’améliorer la résilience des massifs face aux effets du réchauffement climatique, marqués par des épisodes de sécheresse et de canicule de plus en plus fréquents.
La Région créera également un fonds régional de régénération. Pour chaque euro versé par les particuliers ou les entreprises dans le cadre de la souscription ouverte par la Fondation du patrimoine pour la forêt de Fontainebleau, la collectivité apportera un euro supplémentaire, dans la limite d’un million d’euros. Les financements serviront notamment à favoriser la régénération naturelle des espaces sinistrés ainsi que, si nécessaire, des plantations privilégiant des essences locales moins inflammables.
Autre mesure phare, la détection précoce des incendies sera renforcée grâce au déploiement de caméras utilisant l’intelligence artificielle. Après une expérimentation menée en Seine-et-Marne, ce dispositif sera progressivement étendu aux principaux massifs forestiers franciliens avec le concours des différents services départementaux d’incendie et de secours ainsi que de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris.
La Région confirme également la poursuite de son soutien financier aux services de secours. Dans le cadre de son « bouclier de sécurité », qui a déjà permis d’attribuer 8 millions d’euros d’aides à l’équipement des pompiers de Paris et de plusieurs SDIS franciliens, elle continuera d’accompagner les investissements nécessaires pour faire face aux conséquences du changement climatique.
Des règles nouvelles seront aussi imposées aux abords des massifs forestiers. Les futurs chantiers réalisés pour le compte de la Région devront notamment disposer de réserves d’eau, d’extincteurs embarqués sur les engins et suspendre les travaux produisant des étincelles lors des journées classées à risque élevé par la météo des forêts. Les manifestations organisées en forêt devront respecter une charte de prévention spécifique.
La collectivité demande par ailleurs au Gouvernement de renforcer la réglementation nationale applicable aux travaux réalisés en forêt ou à proximité immédiate des massifs et souhaite rendre obligatoire la présence d’un extincteur dans les véhicules utilitaires et les engins intervenant dans ces secteurs.
Le 8 octobre, une conférence régionale réunira l’État, l’Office national des forêts, les propriétaires forestiers, les collectivités, les gestionnaires d’infrastructures, les organisations professionnelles, les associations environnementales et les représentants des usagers. Cette rencontre doit aboutir à un référentiel francilien des bonnes pratiques destiné à limiter le risque d’incendie.
Enfin, Valérie Pécresse proposera au Conseil régional une motion demandant à l’État d’engager une réflexion sur la régionalisation de la gestion des forêts publiques.
La forêt de Fontainebleau constitue l’un des espaces naturels les plus remarquables d’Europe. Ce massif de 25 000 hectares, classé réserve de biosphère par l’UNESCO et intégré au réseau Natura 2000, abrite près de 6 600 espèces animales et 5 700 espèces végétales. L’incendie de juillet est présenté comme le plus important enregistré dans le massif depuis le début des relevés en 1863.
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