À l’heure où les échanges professionnels sont massivement dématérialisés, la confiance numérique s’impose comme un enjeu stratégique pour les entreprises françaises. Selon une étude menée par Ipsos Digital pour Yousign, « seuls 7 % des actifs estiment leur entreprise totalement prête face aux risques de falsification et d’usurpation d’identité », malgré une adoption désormais massive de la signature électronique, « utilisée par près de trois Français sur quatre et par 77 % des entreprises ».
Cette situation révèle un angle mort de la sécurité documentaire. La généralisation des usages numériques n’a pas fait disparaître les risques, bien au contraire. « Près d’un actif sur cinq a déjà été confronté à un document falsifié dans le cadre de son travail » et « 10 % ont vécu une usurpation d’identité professionnelle ». Ces menaces s’intensifient à mesure que l’on monte dans la hiérarchie, puisque « 30 % des décideurs ont été confrontés à un document numérique falsifié et 20 % à une usurpation d’identité numérique ».
Au-delà de l’atteinte à la réputation, l’impact économique est bien réel. « 6 % des répondants et 13 % des décideurs déclarent avoir subi une perte financière liée à une falsification ». La défiance s’invite jusque dans les processus internes, puisqu’« un quart des actifs reconnaît avoir déjà retardé une signature par manque de confiance dans un document reçu », une proportion qui grimpe à « 40 % chez les décideurs ».
L’essor de l’intelligence artificielle accentue encore ces tensions. « Deux tiers des actifs estiment que l’IA accroît les risques de falsification des documents », notamment via les deepfakes ou la génération automatisée de faux contenus. Dans le même temps, « plus d’un actif sur deux reconnaît aussi son potentiel de progrès », à condition que son usage soit strictement encadré par des protocoles de sécurité solides.
Malgré cette exposition croissante, la maturité des organisations reste limitée. « Seuls 12 % des décideurs estiment leur entreprise totalement prête à faire face aux risques de falsification et d’usurpation d’identité », tandis « qu’un actif sur deux ne saurait pas comment réagir face à un document suspect », faute de protocole identifié ou existant. Les mesures de protection sont encore fragmentées, avec « 38 % des entreprises protégeant leurs documents par mot de passe ou lien sécurisé », « 25 % utilisant la vérification d’identité des signataires » ou encore « 19 % contrôlant l’authenticité des documents ».
Cette dispersion des outils alimente une attente forte de rationalisation. Selon l’étude, « 75 % des décideurs souhaitent la centralisation de la vérification d’identité, des contrôles documentaires et de la signature électronique au sein d’une plateforme unique ». Une nécessité d’autant plus pressante que « trois quarts des Français ne savent pas ce qu’est eIDAS 2.0 », alors même que ce cadre européen redéfinit les standards de l’identité numérique et de la signature électronique.
La prise de conscience s’étend enfin à la souveraineté numérique. « 76 % des décideurs considèrent la souveraineté numérique comme un enjeu pour leur entreprise » et « 37 % la jugent prioritaire », contre 26 % un an plus tôt, soit une progression de 11 points.
Selon la déclaration d’Alban Sayag, CEO de Yousign, « à l’ère de l’IA, la confiance numérique ne peut plus reposer sur une juxtaposition d’outils ». Il estime que « les entreprises ont besoin de plateformes capables de sécuriser l’ensemble de la chaîne documentaire, de l’identification à la signature, tout en garantissant souveraineté, conformité et simplicité d’adoption ».
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