Le renforcement du cadre européen contre le greenwashing pose aux entreprises un défi d’organisation : retrouver les données et les justificatifs qui soutiennent leurs déclarations environnementales. Pour Ditto, qui accompagne les organisations dans la structuration de leurs données RSE, cette difficulté concerne particulièrement les PME et les entreprises de taille intermédiaire, dont les ressources dédiées restent parfois limitées.
Une étude de 2020, citée par la Commission européenne et portant sur 150 allégations environnementales, avait relevé que 53 % des affirmations examinées étaient vagues, trompeuses ou infondées. 40 % n’étaient pas étayées. Ces résultats concernent l’échantillon étudié et ne constituent pas une mesure actualisée de l’ensemble des communications écologiques. EUR-Lex
Des promesses et des labels davantage encadrés
La directive européenne 2024/825, dite EmpCo, renforce notamment l’encadrement des allégations environnementales génériques et des labels de durabilité. Elle interdit les formulations générales qui ne peuvent être étayées par une excellente performance environnementale reconnue et pertinente.
Elle vise également les affirmations selon lesquelles un produit aurait un impact climatique neutre, réduit ou positif sur la base de mécanismes de compensation des émissions.
En France, la transposition doit passer par le projet de loi d’adaptation au droit de l’Union européenne, dit DDADUE. Dans une fiche actualisée le 27 octobre 2026, le ministère de la Transition écologique indique que les dispositions concernées n’ont pas encore été définitivement adoptées.
Des justificatifs dispersés entre services et fichiers
Selon Ditto, la difficulté opérationnelle tient notamment à la fragmentation des informations : bilans carbone, certifications, réponses aux questionnaires clients et documents nécessaires aux évaluations RSE sont souvent répartis entre plusieurs équipes.
L’entreprise évoque jusqu’à 120 sollicitations RSE par an pour certaines organisations, sans détailler le périmètre de ce chiffrage. Évaluations EcoVadis, questionnaires de partenaires et appels d’offres peuvent ainsi conduire les équipes à rechercher régulièrement les mêmes justificatifs.
Ditto souligne aussi un risque lié à la production automatisée de contenus. Selon son baromètre RSE 2026, 58 % des professionnels RSE interrogés estiment que l’intelligence artificielle augmente le risque de greenwashing dans le reporting, contre 53 % en 2025. Le communiqué ne précise ni la taille de l’échantillon ni la méthodologie, ce qui limite l’interprétation de cette comparaison.
Pour Pierre Poirmeur, fondateur de Ditto, la fiabilité du reporting dépend de données vérifiables et de preuves accessibles. La société propose de centraliser ces éléments afin de faciliter la préparation des audits, le suivi des engagements et l’identification des justificatifs manquants.
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