Le gouvernement prévoit de préciser les conditions d’homologation des véhicules autonomes au premier semestre 2027. Philippe Tabarot, ministre des Transports, a présenté cette orientation le 23 octobre 2026, lors des Assises du véhicule autonome, qui ont réuni 250 participants, selon le ministère.
L’objectif affiché est d’accélérer le passage des expérimentations aux services opérationnels et commerciaux. L’exécutif souhaite notamment améliorer la desserte des territoires ruraux et périurbains, faciliter les correspondances avec les transports existants et développer la livraison automatisée.
Une validation progressive et un guichet unique
Élaborée sous l’égide du Centre national de réception des véhicules (CNRV), la future doctrine doit donner aux constructeurs davantage de visibilité sur les exigences et le calendrier d’homologation. Elle reposera sur une validation par étapes et un suivi de la sécurité tout au long de la vie du véhicule. Des échanges avec d’autres pays européens sont prévus pour favoriser l’harmonisation des procédures.
L’État souhaite également créer un guichet unique pour accompagner les entreprises, les opérateurs et les collectivités dans leurs démarches administratives.
Au niveau européen, la coalition PACT for Europe, portée par la France et Ruter, l’autorité organisatrice des mobilités de la région d’Oslo, a été lancée le 7 octobre 2026. Elle complète une initiative de « site-test » destinée à simplifier les autorisations et à faciliter les déploiements en conditions réelles, qui compte désormais 22 signataires selon le ministère.
Des projets franciliens envisagés dès 2028
Île-de-France Mobilités prévoit un projet pilote début 2028 dans le secteur Versailles Grand Parc, Saint-Quentin-en-Yvelines et Paris-Saclay. Ces services de transport collectif autonome doivent desservir des lignes locales ou des zones insuffisamment couvertes, avec une extension progressive envisagée à partir de 2030.
À Clichy, la ville, G7 et Milla annoncent un projet de véhicules autonomes électriques, susceptible d’être étendu aux communes voisines. Associé à la profession du taxi, il viserait notamment les trajets vers les gares et les stations de métro, ainsi que les déplacements des personnes âgées.
La Métropole du Grand Paris, Bolt et Stellantis envisagent également une expérimentation à partir de 2028, avec l’ambition de couvrir environ 30 communes d’ici 2030. Le programme pilote a été soumis à l’initiative européenne ADACities.
Livraison automatisée et coopérations industrielles
Pour la logistique, le gouvernement étudiera avec le ministère de l’Intérieur et les collectivités les conditions de circulation des petits robots autonomes dans les espaces piétons et sur les trottoirs.
Le cadre annoncé le 7 août 2026 ouvre déjà la possibilité d’homologuer certains robots de livraison pour circuler sur la chaussée, hors trottoirs. Leur circulation doit rester supervisée à distance, sur des zones ou des itinéraires autorisés par les collectivités.
Les Assises ont aussi donné lieu à un accord de coopération entre la PFA et l’UTPF, représentant respectivement les filières automobile et du transport public et ferroviaire. Stellantis, Wayve et NVIDIA ont annoncé une collaboration pour développer les véhicules autonomes en Europe.
Le gouvernement souhaite accompagner ces projets par des partenariats industriels européens, un contrôle des fonctions logicielles et le maintien des données en Europe. Le ministère rappelle que des dispositifs de France 2030 peuvent financer des projets de la filière en lien avec les besoins des collectivités.
memento.paris
à partir de 3,00 € par mois
pour un accès intégral au site et à nos services
0 COMMENTAIRE(S)