Temu sanctionné par l'Union européenne, une amende de 200 millions d'euros contre les produits illégaux

La Commission européenne inflige une amende de 200 millions d’euros à Temu. Une décision saluée par Roland Lescure, Serge Papin et Anne Le Hénanff, qui y voient une victoire pour les consommateurs et les entreprises françaises.

Selon le communiqué, cette sanction vise “le manquement grave de Temu à ses obligations d’identification et de gestion des risques liés à la vente de produits illégaux sur sa plateforme”. L’amende est prononcée au titre du règlement européen sur les services numériques, le DSA, devenu l’un des principaux outils de régulation des grandes plateformes numériques.

L’enquête formelle ouverte par la Commission européenne en octobre 2024 a mis en cause la manière dont Temu gérait les risques liés à son activité. Le communiqué indique que l’enquête a établi que la plateforme avait “insuffisamment identifié, analysé et évalué les risques systémiques liés à la présence massive sur sa plateforme de produits illégaux et dangereux”. Les exemples cités concernent notamment des “jouets pour bébés” et des “chargeurs”.

La Commission européenne estime également que Temu a sous-évalué l’exposition des consommateurs européens à ces produits. Selon le communiqué, elle a conclu que la plateforme avait “sérieusement sous-estimé la fréquence à laquelle les consommateurs de l’Union européenne sont susceptibles de rencontrer des articles illégaux sur sa plateforme”. Elle a aussi pointé le rôle de son système de recommandation, dont l’effet pouvait amplifier la diffusion de produits non conformes.

Pour le Gouvernement français, cette décision confirme les alertes portées depuis plusieurs mois auprès des autorités européennes. Les ministres indiquent s’être mobilisés sur “les dérives de Temu” et sur “le risque systémique que ses pratiques font peser sur les consommateurs européens et sur la compétitivité des entreprises françaises”. Ils estiment que le DSA commence à produire des effets concrets face aux grandes plateformes de commerce en ligne.

Le message politique est clair. Le communiqué affirme qu’“aucune plateforme, quelle que soit son origine, ne peut s’affranchir des règles qui protègent nos concitoyens et nos entreprises”. Temu devra présenter d’ici le 28 août 2026 un plan d’action crédible pour corriger les manquements relevés. À défaut, des amendes périodiques pourraient être infligées.

Cette sanction dépasse le seul cas de Temu. Le Gouvernement rappelle que Shein et AliExpress font également l’objet d’enquêtes de la Commission européenne. Il réaffirme aussi son soutien à la taxe sur les petits colis et à la fin de l’exemption de droits de douane pour les colis de moins de 150 euros.

Derrière cette offensive, l’enjeu est économique autant que réglementaire. Les autorités françaises veulent rétablir des conditions de concurrence plus équitables pour les commerçants, artisans et industriels qui respectent les normes, investissent et emploient sur le territoire. La procédure contre Temu pourrait désormais servir de référence pour d’autres plateformes accusées de contourner les règles européennes.

Memento


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