Créée en 2018 pour mieux coordonner l’innovation au sein du ministère des Armées et capter davantage de technologies issues du civil, l’Agence de l’innovation de défense (AID) a gagné en moyens et en structuration. Mais un contrôle de la Cour des comptes portant sur les exercices 2018 à 2025 pointe encore plusieurs limites, notamment le faible poids de l’innovation ouverte dans ses financements.
En 2025, l’AID comptait 116 personnels et était responsable de 1,29 milliard d’euros de crédits de paiement sur le programme 144, auxquels s’ajoutaient 150 millions d’euros sur le programme 191. Le ministère indique de son côté que près de 1,173 milliard d’euros ont été engagés au profit de projets d’innovation en 2025.
Seulement 5,9 % pour l’innovation ouverte
La Cour relève surtout que près de 90 % des crédits placés sous la responsabilité de l’agence financent des projets technologiques destinés à préparer les grands programmes d’armement, dont bénéficient principalement les grands groupes industriels.
Entre 2019 et 2025, 372,5 millions d’euros ont été consacrés à l’innovation ouverte, soit seulement 5,9 % des crédits « Études amont », alors même que l’ouverture aux technologies et entreprises extérieures au secteur traditionnel de la défense constituait l’un des objectifs initiaux de l’AID. Les petites entreprises ne capteraient que 5 à 12 % des marchés et subventions concernés.
L’Assemblée nationale avait déjà relevé le faible poids des PME et ETI dans ces financements : en 2024, les grands maîtres d’œuvre industriels concentraient encore l’essentiel des crédits d’études amont.
Un système informatique à 1,1 million d’euros abandonné
Autre faiblesse relevée : l’AID ne dispose toujours pas d’une base consolidée recensant l’ensemble de ses projets. Un système d’information lancé pour y remédier a été abandonné en 2024 après avoir coûté 1,1 million d’euros à l’État, sans atteindre les objectifs fixés.
La Cour estime également que les résultats des différents dispositifs sont encore insuffisamment évalués et que le passage à l’échelle reste limité, avec au plus une quinzaine de projets engagés chaque année dans cette phase.
Elle formule neuf recommandations, portant notamment sur le suivi des financements accordés aux start-up, PME et ETI, l’évaluation des dispositifs et le renforcement du rôle de coordination de l’AID.
Le ministère des Armées partage l’essentiel des constats et ne s’oppose pas à sept de ces neuf recommandations, selon la synthèse du rapport.
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