Le déficit commercial de la France s’est dégradé de 4,6 milliards d’euros au deuxième trimestre 2026 pour atteindre 19,2 milliards d’euros en données FAB/FAB. Les importations ont progressé plus rapidement que les exportations, sous l’effet notamment du renchérissement des hydrocarbures, selon l’analyse trimestrielle de la Direction générale des douanes.
Les importations ont augmenté de 5,5 % sur un trimestre, à 181,8 milliards d’euros, tandis que les exportations ont progressé de 3,1 %, à 162,5 milliards d’euros, leur plus haut niveau historique.
La facture énergétique explique l’essentiel du creusement du déficit. En données CAF/FAB, le solde de l’énergie s’est détérioré de 4 milliards d’euros, à -14,1 milliards. Entre février et mai, le prix du pétrole a augmenté de 51 % et celui du gaz naturel de 46 %, dans le contexte du conflit au Proche et Moyen-Orient et des perturbations des approvisionnements. 2T2026 2T2026 La Douane confirme que les hydrocarbures constituent le principal facteur de dégradation du trimestre.
L’aéronautique soutient les exportations
Le secteur aéronautique et spatial a joué le principal rôle d’amortisseur. Ses exportations ont progressé de 11,4 %, à 18,7 milliards d’euros, notamment grâce à la reprise des livraisons vers la Chine, les Émirats arabes unis et la Turquie. Son solde commercial s’est amélioré de 1,5 milliard d’euros.
À l’inverse, le solde des produits informatiques, électroniques et optiques s’est dégradé de 1 milliard d’euros et celui de la pharmacie de 900 millions. Les importations d’ordinateurs et d’équipements périphériques ont bondi de 26,3 %, notamment dans un contexte de construction de grands centres de données. Les importations de navires et bateaux ont plus que doublé (+109,2 %).
Les flux énergétiques se sont également recomposés géographiquement. Le solde s’est amélioré de 2,3 milliards d’euros avec le Proche et Moyen-Orient mais s’est dégradé avec les États-Unis (-2 milliards), l’Afrique (-1,5 milliard) et l’Union européenne (-2,4 milliards). Les États-Unis sont devenus au deuxième trimestre le premier fournisseur de produits pétroliers raffinés de la France parmi les pays hors Union européenne.
Les exportations françaises résistent aux droits de douane américains
Le rapport analyse également les effets des droits de douane américains. Entre les deuxièmes trimestres 2025 et 2026, les exportations françaises vers les États-Unis ont reculé de 2 % hors navires et bateaux. Une fois l’aéronautique exclue, la baisse atteint toutefois 7 %. Les produits pharmaceutiques (-23 %), certains produits chimiques (-38 %) et la joaillerie-bijouterie (-13 %) figurent parmi les secteurs les plus touchés.
Malgré la détérioration de la balance commerciale, la France a regagné des parts de marché au deuxième trimestre : ses exportations de biens en volume ont progressé de 3,6 %, alors que la demande mondiale qui lui était adressée reculait légèrement de 0,2 %.
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