L’Autorité des marchés financiers (AMF) appelle les plateformes de financement participatif à renforcer leurs dispositifs de protection des épargnants. À l’issue de contrôles menés auprès de cinq prestataires, le régulateur a notamment constaté des insuffisances dans les tests de connaissances, les avertissements sur les risques de perte et les informations fournies sur certains projets d’investissement.
Ces contrôles « SPOT », à vocation pédagogique, ont porté sur la période allant du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2025. Les cinq plateformes examinées ont été choisies pour représenter différentes tailles, catégories de projets financés et types d’instruments proposés. L’AMF s’est intéressée aux tests réalisés à l’arrivée des investisseurs, à leur capacité à supporter des pertes, aux fiches d’informations clés sur les investissements, ainsi qu’aux réclamations, à la gouvernance et au contrôle interne.
Des investissements parfois réalisés sans avertissement
Premier point d’attention : le questionnaire destiné à vérifier que les clients comprennent les risques associés au financement participatif. Sur plusieurs plateformes, l’AMF a relevé des questions mal formulées, incomplètes ou absentes, alors que ce test doit permettre d’évaluer les connaissances, l’expérience et les objectifs de l’investisseur.
Les contrôles ont également mis en évidence des lacunes dans l’évaluation de la capacité à supporter des pertes. Certains investissements ont pu être réalisés sans que les avertissements réglementaires nécessaires soient délivrés. Dans d’autres cas, les plateformes n’étaient pas en mesure de démontrer que l’investisseur avait effectivement pris connaissance du risque de perte totale de son capital.
L’AMF rappelle que le crowdfunding peut entraîner une perte partielle ou totale des sommes investies, notamment en cas de défaillance du porteur de projet.
Des informations parfois insuffisantes sur les projets
Le régulateur pointe également des manquements dans certaines fiches d’informations clés sur l’investissement. Celles-ci doivent notamment permettre d’identifier le porteur de projet et sa gouvernance, de comprendre sa situation financière et la structure de l’opération, mais aussi d’évaluer les risques de défaut, d’absence de rendement ou d’illiquidité.
L’AMF demande aux plateformes de s’assurer que ces documents soient exacts, complets et compréhensibles avant leur mise à disposition des épargnants.
Le régulateur insiste enfin sur la nécessité de disposer de procédures de réclamation accessibles et gratuites et d’assurer une information claire et traçable tout au long du parcours de l’investisseur. L’AMF avait déjà signalé en mars 2026 une multiplication des alertes et réclamations liées au financement participatif.
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