Le dispositif fiscal Jeanbrun peine encore à déclencher des projets d’investissement locatif, selon un sondage interne réalisé début octobre par le réseau immobilier l’Adresse. Parmi les agences interrogées, 71 % déclarent n’avoir reçu aucune demande concernant ce mécanisme et 27 % seulement quelques sollicitations, soit 98 % avec peu ou pas de contacts.
Créé par la loi de finances pour 2026, le dispositif permet aux particuliers qui achètent un logement destiné à la location de déduire notamment une partie du prix d’acquisition de leurs revenus locatifs. Dans sa configuration actuelle, il concerne les logements situés dans des immeubles collectifs, neufs ou anciens, ces derniers devant faire l’objet de travaux représentant au moins 30 % de leur valeur.
Selon l’Adresse, aucune agence interrogée n’avait encore finalisé de vente dans le cadre du dispositif au moment de l’enquête, même si 5 % signalaient des projets en cours. Les dossiers identifiés concernent principalement l’ancien avec travaux, cité dans 66 % des cas, contre 33,3 % pour le neuf.
Taux, prix et fiscalité continuent de freiner les investisseurs
Plus largement, seulement 12 % des agences observent en 2026 un regain d’intérêt pour l’investissement locatif. À l’inverse, 55 % constatent un recul de la demande et 33 % une stabilité.
Les principaux freins identifiés sont le niveau des taux d’intérêt, cité par 60 % des agences, les prix immobiliers (57 %), la fiscalité et notamment la taxe foncière (51 %), puis les contraintes liées à la rénovation énergétique (46 %).
Les appartements restent les biens les plus recherchés, notamment les T2 et T3. L’ancien avec travaux conserve également un intérêt significatif. Les maisons individuelles ne sont citées que par 18 % des agences, mais leur éventuelle intégration au dispositif Jeanbrun est actuellement discutée au Parlement.
Un amendement au PLF 2027, déposé le 10 octobre, propose ainsi d’étendre le mécanisme aux maisons individuelles neuves. Le texte rappelle qu’une ouverture aux logements individuels anciens a déjà été votée dans le cadre du projet de loi sur la relance et la décentralisation du logement, mais ces évolutions restent soumises à l’issue du processus législatif.
Peu d’effet constaté pour les passoires thermiques
Le sondage montre également un intérêt encore limité pour les logements classés F ou G. Seules 10 % des agencesconstatent une progression de la demande des investisseurs pour ces biens.
Cette situation intervient alors qu’une nouvelle évolution du DPE entrera en vigueur le 1er janvier 2027 : le coefficient de conversion de l’électricité passera de 1,9 à 1,7, ce qui pourra améliorer l’étiquette énergétique de certains logements chauffés à l’électricité.
Pour l’Adresse, la relance de l’investissement locatif dépendra désormais de la lisibilité et de la stabilité des règles. « Les investisseurs ont besoin de règles claires et pérennes pour savoir quels biens sont éligibles, quels travaux engager et quelle rentabilité espérer », souligne Brice Cardi, président de l’Adresse.
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