Les grandes entreprises multiplient les engagements en faveur d’une création de valeur durable, mais leurs rapports intégrés donnent de moins en moins d’informations sur sa répartition. Une étude de l’Agence Mantu relève un décalage entre les ambitions affichées, les données financières publiées et les explications apportées aux investisseurs.
L’analyse porte sur 44 rapports intégrés d’entreprises appartenant au SBF 120. Les pratiques observées ont été comparées à celles relevées en 2025 et en 2020. L’échantillon ne couvre donc pas toutes les sociétés composant l’indice, mais permet de dégager plusieurs tendances dans leur communication financière.
« Seules 16 % des entreprises étudiées présentent le partage de la valeur créée dans leur rapport intégré, contre 39 % en 2020 », indique l’étude. Cette baisse intervient alors que les notions de responsabilité, de performance durable et de contribution aux différentes parties prenantes occupent une place croissante dans les discours institutionnels.
La gouvernance reste également décrite de manière inégale. Seulement 34 % des rapports analysés détaillent les compétences représentées au conseil d’administration. Cette information permet pourtant d’évaluer si les administrateurs disposent des profils nécessaires pour accompagner les transformations technologiques, économiques et environnementales de l’entreprise.
La rémunération des dirigeants est abordée dans 31 % des publications. Les montants ne sont toutefois communiqués que dans 11 % des rapports. Lorsqu’ils apparaissent, ils sont rarement rapprochés de manière explicite des résultats obtenus ou des engagements annoncés.
L’étude relève aussi une différence importante entre les ambitions opérationnelles et les perspectives financières. « 73 % des entreprises présentent des objectifs opérationnels à trois ans ou plus, tandis que seulement 16 % publient une trajectoire financière sur un horizon comparable. »
Les entreprises décrivent donc plus volontiers leurs priorités industrielles, sociales ou environnementales que les moyens financiers et les résultats attendus. Ce manque de correspondance peut compliquer l’évaluation de leur stratégie par les investisseurs et les autres parties prenantes.
Pour l’Agence Mantu, la crédibilité d’une entreprise dépend de sa capacité à rendre compréhensibles ses décisions, ses arbitrages et les progrès accomplis. Le rapport intégré ne devrait ainsi pas se limiter à une photographie annuelle de la performance. Il doit permettre de suivre une trajectoire et de vérifier la cohérence entre les engagements, la gouvernance et les résultats.
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